Pays-Bas

26 janvier 2020 15:20; Act: 27.01.2020 16:35 Print

L'État s'excuse pour son rôle dans la Shoah

Le Premier ministre néerlandais a présenté dimanche des excuses au nom du gouvernement pour la persécution des Juifs aux Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale.

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Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s'exprimait lors d'un hommage national rendu aux victimes de la Shoah. (photo: AFP)

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Le Premier ministre néerlandais a présenté dimanche, pour la première fois, des excuses au nom du gouvernement pour la persécution des Juifs aux Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale. «Maintenant que les derniers survivants sont encore parmi nous, je présente aujourd'hui (dimanche) mes excuses au nom du gouvernement pour l'action des autorités à l'époque», a déclaré Mark Rutte. Il s'exprimait lors d'un hommage national rendu aux victimes de la Shoah, à la veille du 75e anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz, par l'Armée rouge, le 27 janvier 1945.

C'est la première fois que le gouvernement présente ses excuses pour la persécution des Juifs aux Pays-Bas et leur déportation massive vers les camps de la mort. Sur les 140 000 Juifs que comptait le pays, 102 000 n'ont pas survécu. La question avait été soulevée en 2012 par certains leaders politiques, mais M. Rutte, déjà Premier ministre, avait estimé qu'il n'y avait pas suffisamment d'informations sur l'action du gouvernement à l'époque, ni de «soutien assez large» pour justifier des excuses officielles.

«Trop de fonctionnaires néerlandais avaient exécuté les ordres de l'occupant»

En 2000, le Premier ministre d'alors Wim Kok avait présenté des excuses pour «l'accueil glacial» réservé aux rescapés des camps à leur retour aux Pays-Bas, occupés par les Allemands de 1940 à 1945. «Nos institutions gouvernementales n'ont pas agi en tant que gardiens de la justice et de la sécurité», a déclaré M. Rutte, dimanche, ajoutant que «trop de fonctionnaires néerlandais avaient exécuté les ordres de l'occupant». «Les conséquences amères de l'élaboration de registres (de Juifs) et des expulsions n'ont pas été suffisamment reconnues, ni reconnues à temps», a poursuivi M. Rutte.

«Dans l'ensemble, c'était trop trop peu. Trop peu de protection. Trop peu d'aide. Trop peu de reconnaissance», a-t-il ajouté. «75 ans après Auschwitz, l'antisémitisme est toujours parmi nous. C'est précisément pourquoi nous devons pleinement reconnaître ce qui s'est passé à l'époque et le prononcer à haute voix», a-t-il encore déclaré.

(L'essentiel/afp)