Négociations serrées

12 juillet 2015 21:01; Act: 14.07.2015 11:03 Print

L'Europe bataille sur l'avenir de la Grèce

Les chefs d'État de la zone euro bataillaient dimanche soir pour savoir s'il faut sauver la Grèce ou la sortir de la zone euro, une hypothèse désormais envisagée noir sur blanc par les responsables européens.

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Les dirigeants européens tentent de trouver un accord. Ici le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna. (photo: AFP/Jean-christophe Verhaegen)

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Les dirigeants européens examinaient dimanche le document transmis par leurs ministres des Finances qui proposaient d'imposer une bride très courte à Athènes en échange d'un éventuel plan d'aide et évoquaient pour la première fois l'hypothèse d'une sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique. Les 19 chefs d'État et de gouvernement de la zone euro, réunis dans la soirée, devaient étudier cette feuille de route, rédigée après 15 heures de laborieuses discussions, et tenter de surmonter leurs divisions pour trancher les nombreux points en suspens. «En cas d'échec à trouver un accord, la Grèce se verrait proposer de négocier rapidement une sortie temporaire de la zone euro, avec la possibilité de restructurer sa dette», propose le document. Ce passage figure entre crochets pour signifier qu'il n'a pas emporté l'adhésion de tous les ministres.

Au final, l'Eurogroupe exige plusieurs mesures d'Athènes, dont des abandons de souveraineté puisque la Grèce devra soumettre aux institutions certains projets de loi avant de les faire passer au Parlement. «Je me battrai jusqu'à la dernière milliseconde pour avoir un accord (...) je suis dans un esprit combatif», a lancé à son arrivée au sommet des 19 le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le sommet a pris d'entrée l'allure d'un pugilat, l'Allemagne, inflexible, et la France, qui prône une ligne plus souple, affichant la fracture qui les sépare autour du maintien ou non de la Grèce dans l'euro. «La valeur la plus importante, à savoir la confiance et la fiabilité, a été perdue» avec Athènes, a notamment déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. L'enjeu étant de parvenir à un accord sur un nouveau plan d'aide à la Grèce, le troisième depuis 2010, pour un montant évalué entre 82 et 86 milliards d'euros sur trois ans.

L'inquiétude est palpable en Grèce

Parmi les nouveaux engagements réclamés à Athènes, figure le vote avant le 15 juillet, par le Parlement grec, d'un premier volet des mesures promises, afin de «reconstruire la confiance» entre la Grèce et ses créanciers. Il s'agit notamment de légiférer sur la TVA, les retraites, la procédure civile, l'indépendance de l'Office grec des statistiques. Après six mois de négociations tumultueuses, cette échéance de dimanche était présentée comme l'ultime chance de sauver la Grèce de l'effondrement financier. Mais dans un climat délétère et de confiance brisée entre Athènes et le reste des Européens, il était difficile d'imaginer, comme l'assurait le Premier ministre grec Alexis Tsipras, qu'un accord était à portée de main dans la soirée.

Les pays les plus durs, l'Allemagne en tête, qui doutent de la sincérité d'Athènes, ont multiplié depuis samedi les demandes, exigeant chaque fois plus du gouvernement Tsipras, menacé d'une nouvelle crise politique. «Cela a été extrêmement dur, si ce n'est violent hier (samedi), car une bonne partie des ministres avaient en tête que la seule bonne solution était le Grexit», confiait dimanche une source proche des négociations.

En Grèce, l'inquiétude était palpable. Depuis la fermeture des banques le 29 juin, et la mise en place de contrôle de capitaux pour les empêcher d'imploser sous l'effet des retraits des Grecs anxieux, l'économie hellène est pratiquement à l'arrêt. Actuellement, seule la Banque centrale européenne maintient en vie les banques grecques et toute l'économie du pays grâce à des prêts d'urgence qui ne pourront pas durer éternellement, d'autant qu'Athènes doit verser plus de quatre milliards d'euros à la BCE le 20 juillet, un paiement que la Grèce ne peut pas honorer.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • oneWorldforall le 12.07.2015 23:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est clairement l'image qui est donnée. Une bataille de charlatans sur le pouvoir. Une belle gifle sur les rêves vendus d'une union solidaire et forte grâce à l'unisson... L'Allemagne se forge l'image du diable qui se relève pour plus d'esclaves

  • inem le 13.07.2015 06:40 Report dénoncer ce commentaire

    On ne m'a toujours pas expliqué le sort réservé à la dernière aide financière : Où est passé l'argent et qui en a profité ,et pourquoi les Grecs ne peuvent pas rembourser ? A partir de là, beaucoup de choses s'éclairent !

  • laïc le 12.07.2015 23:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Coût du Grexit: 227 milliards Coût d'un nième sauvetage: 86 millards Y'a pas photo en fait...

Les derniers commentaires

  • Abérrant le 13.07.2015 09:40 Report dénoncer ce commentaire

    méchante UE..., Allemagne vorace.... quel amas d'idioties ici. Les grecs font face au résultat de leur corruption, leur incapacité politique et leur mensonges sur leur finances. L'heure de la vérité a sonné et surtout l'heure de rembourser. Après il peuvent faire leur réferendum ridicule et se casser avec ce pantin arrogant de Tsipras... mais pas avec notre argent.

    • @Abérrant le 13.07.2015 10:58 Report dénoncer ce commentaire

      Avec votre argent...??? Abérrant

    • Bluediamond le 13.07.2015 11:11 Report dénoncer ce commentaire

      Je suis d'accord à 100% avec Abérrant. Il faut que les grecs arrêtent de jouer les victimes. Il faut qu'ils se comportent de manière plus responsable. Il y a des pays dans la zone euro qui ont dû faire des sacrifices, pourquoi pas la Grèce?

  • Afrique le 13.07.2015 08:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien Dit Fabilux, mais il y a toujours ceux qui ont des yeux fermés. Les banques ont le pouvoir pour le moment. La crise de 2008 en est la preuve

  • beefnoos974 le 13.07.2015 08:33 Report dénoncer ce commentaire

    ils me font bien rire tous ces politiciens. une sortie de l'euro temporaire? ok la Grèce sort de l'euro et se rend compte qu'elle s'en sort mieux sans. Je ne pense pas qu'ils seraient assez idiot pour y revenir.

  • cl021fr le 13.07.2015 07:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cela commence à bien faire. Non seulement les grecs ne sont pas en mesure de payer les dettes mais ils demandent encore près de 80 milliard! Les gouvernements européens doivent par référendum demander l'avis des européens. La Grèce doit sortir de l'euro, restructurer sont économie, payer les dettes et si un jour son économie est stable et si le peuple Grec le veut, redemander a avoir l'euro.

  • inem le 13.07.2015 06:40 Report dénoncer ce commentaire

    On ne m'a toujours pas expliqué le sort réservé à la dernière aide financière : Où est passé l'argent et qui en a profité ,et pourquoi les Grecs ne peuvent pas rembourser ? A partir de là, beaucoup de choses s'éclairent !

    • @inem le 13.07.2015 09:33 Report dénoncer ce commentaire

      Ex:Je te prête 100€,mais tu dois me rendre 110€(en sachant que tu n'y arrive pas).Puis pour me rendre les 110€ tu demande à mon voisin de te prêter 110€ en sachant qu'il faudra rendre 120€.Donc je prends mes 110€ mais je te prête 120€ pour rembourser ton voisin..Et pour le manque à gagner il faut presser le peuple comme c'est pas pérmis pour économiser.Sauf que au vu de la dette grecque ca ne marche pas.Mais c'est pas grave je te prête encore de l'argent pour que tu rembourse ton voisin,je t'aide, mais n'oublie pas de me rembourser!

    • Emile A. le 13.07.2015 13:08 Report dénoncer ce commentaire

      Cet argent a servi à sauver les banques allemandes et françaises, qui avaient prêté les yeux fermés aux Grecs pendand une décénie, et qui auraient perdu gros à l'époque. Ces banques auraient probablement dû être nationalisées à l'époque, et ça c'était unmöglich/inacceptable pour Merkel/Sarkozy. Alors on transféré et distribué la dette grecque du secteur privé à l'ensemble des contribuables européens. Le tout a été assorti d'un plan d'austérité draconien pour être sûr de bien presser les citrons grecs/portuguais/espagnols/irlandais.