Balkans

27 septembre 2021 20:07; Act: 27.09.2021 20:21 Print

L'Otan intensifie ses patrouilles au Kosovo

La communauté internationale appelle à la «désescalade» face au nouvel accès de fièvre entre le Kosovo et la Serbie, qui n'a jamais reconnu l'indépendance du premier.

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Des soldats britanniques de l'Otan.

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La force de l'Otan a annoncé lundi avoir intensifié ses patrouilles au Kosovo après une flambée des tensions dans le nord du territoire, à la frontière avec la Serbie, qui a dépêché des blindés à quelques encablures de son ancienne province. La communauté internationale, Union européenne en tête, a appelé à la «désescalade» et au «dialogue» face à ce nouvel accès de fièvre entre le Kosovo et la Serbie qui n'a jamais reconnu l'indépendance que le territoire à grande majorité albanaise a déclarée en 2008.

Les relations déjà difficiles entre les deux voisins se sont encore compliquées voici une semaine quand le gouvernement kosovar a dépêché des unités de la police spéciale dans le nord, région peuplée en majorité de Serbes qui ne reconnaissent pas l'autorité de Pristina. Accusant Pristina de «provocation», Belgrade a relevé le niveau d'alerte de son armée dans la zone frontalière. Selon une correspondante de l'AFP, celle-ci a déployé lundi quatre véhicules blindés à deux kilomètres d'un poste-frontière tandis que ses avions de chasse ont survolé durant le weekend une zone proche de la frontière, pour la première fois depuis une guerre meurtrière entre force serbes et indépendantistes albanais (1998-99).

«Le dialogue est la seule solution»

Lundi, la situation sur la frontière était calme en dépit de ces mouvements militaires, a-t-elle ajouté. Les unités spéciales kosovares ont été déployées pour superviser la décision de Pristina de contraindre les véhicules serbes à apposer des plaques kosovares temporaires en entrant au Kosovo. Pristina invoque une mesure de «réciprocité», les véhicules immatriculés «République du Kosovo» --non reconnue par Belgrade-- étant contraints depuis des années à prendre des plaques serbes temporaires pour entrer en Serbie. Furieux, des centaines de Serbes manifestent tous les jours et bloquent avec des camions les routes menant aux deux passages frontaliers du nord, Jarinje et Brnjak.

Durant le weekend, deux bureaux d'immatriculation de véhicules kosovars ont été visés par des attaques et le Premier ministre kosovar Albin Kurti a accusé la Serbie de vouloir «provoquer un conflit». Depuis 1999, lorsqu'une campagne de bombardements de l'Otan avait mis fin au conflit, le Kosovo est sous la protection internationale de la KFOR. Cette force de l'Otan a annoncé lundi dans un communiqué avoir «augmenté le nombre et la durée de ses patrouilles de routine à travers le Kosovo, y compris dans le nord», rappelant que sa mission était d'assurer la sécurité et la liberté de mouvement. Depuis plusieurs jours, des survols d'hélicoptères de la KFOR dans la région frontalière sont réguliers.

Le Premier ministre albanais Edi Rama, en visite au Kosovo, a qualifié les agissements de Belgrade de «manœuvres militaires théâtrales», se déclarant convaincu que «le dialogue est la seule solution». Alors que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est attendue cette semaine dans les Balkans, Bruxelles a également appelé au dialogue.

(L'essentiel/afp)