Brexit

21 mars 2019 19:24; Act: 22.03.2019 14:52 Print

L'UE met le Royaume-​​Uni au pied du mur

Les dirigeants européens ont mis la pression sur le Royaume-Uni, à quelques jours du Brexit, jeudi.

L'accord sur le Brexit est rejeté.

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À huit jours de la date butoir, les dirigeants européens ont averti qu'un nouveau rejet de l'accord de Brexit par les députés britanniques déboucherait sur un divorce chaotique.

Le président français Emmanuel Macron a affirmé qu'«en cas de vote négatif britannique, nous irions vers un no deal», à son arrivée au sommet européen, qui réunit les dirigeants de l'UE à Bruxelles jusqu'à vendredi. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui conditionné le report du Brexit réclamé par la Première ministre, Theresa May, à l'adoption de l'accord qu'elle veut soumettre pour la troisième fois aux élus britanniques «aussi vite que possible».

Report de trois mois

La dirigeante conservatrice veut obtenir de ses homologues européens un report de trois mois, jusqu'au 30 juin, de la date du divorce, censé avoir lieu le 29 mars. Mais lors d'une réunion mercredi soir, les ambassadeurs des 27 ont recadré le débat. «La question de la date sera une décision des chefs d'État», à prendre à l'unanimité, a souligné une source européenne.

«L'orientation» qui s'est dessinée est de refuser la date du 30 juin et de se diriger vers une prolongation plus courte. La date du 22 mai, soit avant les élections européennes prévues du 23 au 26 mai, a rassemblé «une large majorité», a ajouté une source diplomatique, tout en précisant que plusieurs représentants n'avaient pas encore reçu les instructions de leurs capitales.

«Graves risques»

La Commission européenne a prévenu qu'un report de trois mois «entraînerait de graves risques juridiques et politiques pour l'UE», car le Royaume-Uni serait tenu d'organiser le scrutin européen même s'il se retire ensuite avant la session inaugurale du Parlement, début juillet. S'il ne le faisait pas, il mettrait en péril la légalité du nouveau Parlement avec le risque d'une paralysie durable du fonctionnement de l'UE, a mis en garde l'exécutif européen. «Nous devons organiser des élections européennes, donc cela signifie probablement que ce sera jusqu'en mai ou une longue extension», auquel cas le Royaume-Uni devra organiser des élections, a déclaré la présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaite, ce que Theresa May a exclu.

Les députés britanniques ont déjà rejeté massivement à deux reprises le traité de retrait de l'UE, mais Theresa May n'a pas perdu l'espoir de les voir changer d'avis. Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition britannique, également à Bruxelles jeudi, où il a rencontré le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a évoqué lundi ou mardi pour un nouveau vote. Il a exclu de se ranger derrière l'accord de Theresa May. «Nous ne pensons pas que c'est la bonne voie et cherchons une alternative qui peut rassembler une majorité au Parlement», a-t-il dit à la presse. En cas d'échec du troisième vote, le «no deal» apparaît comme l'issue par défaut, ont mis en garde les Européens, synonyme de chaos économique potentiel.

Appel du patronat et des syndicats

Le patronat et les syndicats britanniques ont supplié, jeudi, Theresa May de changer d'approche face à ce qu'ils estiment être une situation d'«urgence nationale». Mais jeudi soir, la dirigeante a rejeté la responsabilité de l'impasse sur les députés, dans une allocution à destination de la population britannique.

Donald Tusk s'est voulu rassurant mercredi. «Même si l'espoir d'un succès final peut paraître fragile, voire illusoire, et bien que la fatigue du Brexit soit de plus en plus visible et justifiée, nous ne pouvons renoncer à rechercher jusqu'au tout dernier moment une solution positive», a-il promis.

La chancelière allemande Angela Merkel a cependant souligné en arrivant à Bruxelles que si l'accord de retrait était important, «une chose est claire, les 27 doivent aussi penser à leur avenir». «On ne cherche plus une porte de sortie, on cherche une issue de secours», a estimé de son côté le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel.

(L'essentiel/afp)