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13 novembre 2018 13:19; Act: 13.11.2018 14:45 Print

L'UE ne s’intéresserait pas assez aux Balkans

Le président du Monténégro, Milo Djukanovic, déplore «le manque d'enthousiasme de l'UE» à l'égard des Balkans, dont Russie et Turquie sont susceptibles de tirer profit.

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Le Monténégro de Milo Djukanovic, qui négocie son adhésion a, comme la Serbie, l'objectif de rejoindre l'Union européenne en 2025. (photo: AFP)

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«Le problème fondamental, c'est le manque d'enthousiasme de l'Union européenne à notre égard» et «la Russie et la Turquie, qui se considèrent comme des acteurs mondiaux importants, y trouvent leur intérêt», déclare le président du Monténégro, Milo Djukanovic, dans un entretien au quotidien français Le Figaro. «Seule une Europe plus active pourra empêcher que les Balkans tombent sous leur influence», a ajouté le responsable, conscient «que les opinions européennes ne sont pas prêtes à intégrer les Balkans occidentaux».

Mais «l'alternative, c'est attendre qu'une nouvelle grande crise se déclenche», prévient-il. Son pays, qui négocie son adhésion a, comme la Serbie, l'objectif de rejoindre l'Union européenne en 2025. Comme Premier ministre ou président, Milo Djukanovic dirige le Monténégro quasiment sans interruption depuis 1991, date à laquelle le Monténégro était une des Républiques composant l'ex-Yougoslavie. D'abord allié de Slobodan Milosevic, l'homme fort de Belgrade, Milo Djukanovic, a conduit en 2006 à l'indépendance le petit Monténégro et ses quelque 650 000 habitants.

«Partisans de la Grande Serbie»

Il l'a fait en s'arrimant au camp occidental, avec l'ambition de rejoindre l'Union européenne. Au grand dam d'une partie de sa population majoritairement orthodoxe mais aussi de la Russie, le Monténégro est devenu membre de l'OTAN au printemps 2017. «Historiquement et culturellement, nous avons toujours été proches de la Russie. Mais depuis quelques années, nos relations se sont considérablement dégradées. Je peux même dire qu'elles n'ont jamais été aussi mauvaises», reconnaît Milo Djukanovic, rappelant que son pays avait «soutenu la politique de sanctions européennes contre la Russie, après l'annexion de la Crimée».

Les autorités monténégrines accusent les pro-russes d'avoir fomenté une tentative de coup d'État en octobre 2016, avec le soutien d'organes d'État. Moscou dément, un procès est en cours et de nombreuses zones d'ombre demeurent sur ces allégations de coup d'État avorté. «Trois problèmes empoisonnent la région: la Macédoine, paralysée depuis 2008, le conflit entre la Serbie et le Kosovo, dont personne ne connaît l'issue, et la Bosnie-Herzégovine qui ne fonctionne pas». «Je crains que tous ces mouvements redonnent du poil de la bête aux partisans de la Grande Serbie», met en garde Milo Djukanovic.

(L'essentiel/afp)