Contestation réprimée

14 août 2020 14:14; Act: 14.08.2020 14:45 Print

L'UE prépare des sanctions contre le Belarus

L'Union européenne va lancer vendredi le processus de sanctions pour faire cesser la répression au Belarus après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko.

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La contestation ne faiblit pas au Belarus. (photo: AFP/Sergei Gapon)

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Les ministres des Affaires étrangères européens se réunissent par vidéoconférence à 15h ce vendredi. Alors que Berlin occupe la présidence tournante de l'UE, l'Allemagne s'est dite vendredi favorable à des sanctions contre le régime au pouvoir à Minsk. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a elle aussi réclamé des sanctions pour les coupables de violations des droits de l'homme.

«Il est inutile de redire notre sérieuse préoccupation. Il faut des conséquences», avait auparavant plaidé le chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius. «Je vais proposer d'appliquer des sanctions individuelles aux fonctionnaires et hommes politiques directement responsables de l'usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques, et aussi de la falsification des élections», a déclaré le ministre à l'AFP.

La Lituanie a accueilli l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa, contrainte à l'exil après avoir contesté la victoire d'Alexandre Loukachenko. Elle a appelé vendredi à des «manifestations pacifiques» dans tout le pays durant le week-end, alors que des débrayages inédits sont organisés dans plusieurs usines de la dernière dictature d'Europe. Minsk s'est dit vendredi prêt à un «dialogue constructif» avec l'étranger et a commencé à relâcher des centaines de personnes arrêtées depuis lundi. Les témoignages dénoncent l'extrême brutalité de la répression.

Plan de médiation

Ceux interrogés par l'AFP ont en effet raconté des conditions de détention atroces. Privés d'eau, de nourriture et de sommeil, tabassés ou brûlés aux cigarettes, ils étaient en outre incarcérés par dizaines dans des cellules prévues pour quatre ou six. «Mon dos est couvert de bleus après des coups de matraque», raconte Maxim Dovjenko, 25 ans, assurant avoir été arrêté et tabassé alors même qu'il n'avait pas participé aux manifestations. Mikhaïl Tchernenkov, entrepreneur de 43 ans, montre ses fesses entièrement bleues. Il dit avoir été électrocuté et matraqué. Dans un communiqué, l'ONG Amnesty International a rapporté des cas de manifestants «mis à nu, battus et menacés de viol».

Arrêtés pendant les manifestations, des prisonniers bélarusses témoignent de la violence de la répression.

La réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères «va clairement dans le sens de la préparation de sanctions» contre le régime de Loukachenko, a confié à l'AFP un diplomate européen. Ce sera la voie pour forcer Minsk à ouvrir un dialogue sur le plan de médiation en trois points proposé par la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins du Belarus. Les dirigeants des trois pays sont prêts à jouer les médiateurs pour résoudre la crise politique, a expliqué le président lituanien Gitanas Nauseda. La libération des détenus est une des conditions de cette médiation.

(L'essentiel/afp)