Conflit en Ukraine

16 juillet 2014 20:38; Act: 16.07.2014 22:54 Print

L'UE va durcir les sanctions contre la Russie

Les dirigeants européens devraient décider mercredi soir de renforcer les sanctions contre Moscou en raison de son attitude en Ukraine, mais sans aller jusqu'à des mesures économiques d'envergure.

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Les dirigeants de l'Union européenne ont notamment décidé du gel de programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). «Ce qui est prévu, c'est un certain rehaussement des sanctions, qui ne va pas jusqu'au niveau 3», c'est à dire celui de mesures susceptibles d'affecter fortement l'économie russe, avait déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, juste avant le sommet. Cette décision reflète la volonté des Européens «de faire preuve de fermeté tout en maintenant le dialogue». À son arrivée au sommet, la chancelière allemande Angela Merkel a indiqué que les 28 allaient «discuter de nouvelles sanctions car nous estimons que la contribution russe à la paix est insuffisante». «Les otages n'ont pas été libérés, le contrôle des frontières n'est pas établi et le groupe de contact ne fonctionne pas», selon elle. «La situation en Ukraine est inacceptable. Nous devons envoyer un signal très clair accompagné d'actes clairs», a déclaré de son côté le Premier ministre britannique David Cameron.

Les nouvelles sanctions de l'UE devraient «cibler les entités, y compris en Russie, qui soutiennent matériellement ou financièrement les actions menaçant ou sapant la souveraineté de l'Ukraine, son intégrité territoriale et son indépendance», selon le projet de résolution de la réunion dont l'AFP a eu connaissance. Pour cela, une liste devrait être rapidement établie par les services européens compétents et les critères sur lesquels sont établis les sanctions modifiés. Jusqu'à présent, les deux seules entités visées par les sanctions étaient basées en Crimée, la péninsule annexée en mars par la Russie. Les Européens pourraient en outre décider du gel de programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Une remise en cause des projets de coopération UE-Russie est également évoquée, à l'exclusion de ceux concernant la société civile. Dans leurs conclusions, les 28 «regrettent que les conditions posées le 27 juin n'aient pas été remplies». L'UE avait réclamé l'ouverture de négociations sur le plan de paix du président Petro Porochenko, un accord sur un mécanisme de vérification du cessez-le-feu, le retour de l'autorité ukrainienne sur trois points de la frontière avec la Russie et la libération des otages. L'UE a jusqu'ici interdit la délivrance de visas et gelé les avoirs de plus de 70 personnalités russes et ukrainiennes. L'UE est divisée sur le degré de fermeté à adopter face à la Russie, certains pays, comme l'Italie et l'Allemagne, souhaitant préserver leur relations économiques très étroites avec Moscou.

(L'essentiel/AFP)