Syrie

13 février 2020 21:14; Act: 14.02.2020 17:47 Print

La Belgique vise le retour des enfants de jihadistes

La Belgique travaille sur un retour groupé de tous les enfants belges de jihadistes retenus dans des camps en Syrie, a déclaré jeudi, le chef de la diplomatie belge.

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La Belgique compte «42 enfants» belges en Syrie. (photo: AFP/Fadel Senna)

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La Belgique travaille sur un retour groupé de tous les enfants belges de jihadistes retenus dans des camps en Syrie, conditionné par l'accord de leur mère, et ouvert à une participation de la France pour ses propres enfants, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie belge, Philippe Goffin. Dans un entretien à l'AFP en marge de réunions à l'ONU, le ministre n'a donné aucune échéance.

Il faut d'abord «faire savoir aux Kurdes» qui contrôlent ces camps que la Belgique «propose de les reprendre tous», et il faut «évidemment que les mères soient d'accord», a expliqué Philippe Goffin. Dans le respect du «droit international», la solution «idéalement, c'est qu'on nous amène les enfants à la frontière irako-syrienne». «C'est pour cela qu'on propose de les prendre tous pour ne pas faire plusieurs opérations». À défaut, «on doit accéder à un territoire qui est en guerre, la Syrie, et l'opération n'est pas sans risques. Il faut la baliser, l'organiser».

Ne pas rapatrier les adultes

«Des ONG nous expliquent qu'on peut faire un peu comme ses courses ou son marché, ce n'est pas vrai». La Belgique compte «42 enfants» belges en Syrie, dont 30 enfants et 13 mères dans le camp d'Al-Hol, et 12 enfants et 10 mères dans celui d'Al-Roj, les deux situés dans le nord-est de la Syrie. Interrogé sur le nombre de mères qui pourraient refuser d'être séparées de leur(s) enfant(s), le ministre belge a répondu qu'il y en avait «au moins quatre», celles ayant engagé des procédures devant la justice belge. «Je suis allé dans un camp en Jordanie, on est loin de la situation des camps en Syrie, qui est bien plus épouvantable. Mais ce que j'ai vu en Jordanie, c'est déjà insupportable. On me dit que ce qui se passe en Syrie n'a aucune commune mesure et que c'est bien plus grave».

«Quand on est parent et qu'on a des enfants qui vivent dans des conditions épouvantables, on peut se dire "je vais d'abord mettre mes enfants à l'abri et pour moi on verra bien après"», a-t-il estimé. La Belgique, «en dialogue avec plusieurs ministres européens», a établi la «ligne» de ne pas rapatrier d'«adultes qui ont participé aux crimes terribles commis par Daech» (un acronyme arabe du groupe État islamique), a rappelé le ministre. En 2017/2018, le gouvernement belge a pris la décision de «pouvoir ramener tous les enfants».

(L'essentiel/afp)