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26 juillet 2019 20:20; Act: 26.07.2019 20:27 Print

La canicule en Europe fait place aux orages

Le temps orageux s'installe en Europe après des températures record enregistrées un peu partout.

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Orages annoncés après la canicule.

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Après la canicule qui a fait tomber les records en cascade, jeudi dans le nord-ouest de l'Europe, les températures souvent supérieures aux 40°C ont chuté vendredi. Elles ont laissé place à un temps orageux qui a notamment provoqué l'arrêt de l'étape du Tour de France.

Outre les 42,6°C enregistrés au Luxembourg, à Paris et à Lingen, en Basse-Saxe allemande jeudi, la Belgique et les Pays-Bas ont eux aussi franchi des records historiques, avec 41,8°C à Begijnendijk, dans le nord de la Belgique, et 40,4°C dans le sud des Pays-Bas. Ces brusques envolées du thermomètre ont provoqué en France d'importants incendies. Plus de 6500 hectares de terres agricoles et de forêts ont brûlé jeudi sur l'ensemble du pays, sous l'effet conjugué de la canicule et de la sécheresse, mobilisant 4000 pompiers.

Alerte canicule levée

L'alerte «rouge canicule» a cependant été levée vendredi matin dans les derniers départements français concernés. En fin de journée, seuls 27 départements, sur un total de 101, étaient encore en vigilance «orange» canicule ou orage, ce qui devrait être levé d'ici à samedi.

D'ici là, les températures pourraient encore atteindre «entre 34 et 37 degrés» dans l'Est, avertit Météo-France, mettant en garde contre la survenue d'orages violents dans certaines régions. La 19e étape du Tour de France a ainsi dû être arrêtée définitivement vendredi en raison de l'état de la route, rendue impraticable par une averse de grêle, peu avant Val d'Isère, dans les Alpes françaises.

Trafic ferroviaire perturbé

Malgré le relatif redoux autour d'une trentaine de degrés, bien plus habituels, à la faveur de la nuit sur la majeure partie de l'Europe du Nord et de l'Ouest, la circulation des trains internationaux Thalys entre les Pays-Bas, la Belgique, la France et l'Allemagne restait perturbée vendredi.

Les problèmes sont dus aux dommages causés aux infrastructures du réseau par l'extrême chaleur, la température sur les voies excédant de 10 à 15°C celle de l'air. Les convois qui circulent progressent à vitesse réduite et plusieurs trains ont été annulés. La SNCF a promis un retour à la normale ce week-end. Mais tous les trains Thalys et Eurostar vers Londres, arrêtés quelques heures en gare du Nord à Paris, ont repris leurs navettes à la mi-journée.

Les trains autour de Londres sont également fortement ralentis, certains annulés, en raison de feux de broussaille le long des voies. Certains vols ont également dû être annulés au départ des aéroports londoniens de Gatwick et de Heathrow. Les services météo britanniques ont par ailleurs noté une bizarrerie dans la région de Lincolnshire (est): en l'espace d'une heure jeudi, la température a gagné puis reperdu dix degrés, de 22°C à 32°C - et retour. «WOW», a tweeté le Met Office qui a attribué le phénomène aux orages.

Algues bleues

En Scandinavie, le thermomètre reste calé entre 30 et 35°C, notamment en Finlande, où les services météo ont maintenu leur mise en garde pour le week-end. Les habitants se désolent de voir les lacs et principaux sites de baignade envahis par les algues bleues, conséquence de la chaleur.

«Nous ne sommes pas habitués aux températures de l'Europe continentale», souligne le météorologue norvégien Terje Alsvik Walloe. De même aux Pays-Bas, où la population, peu accoutumée à ces excès, s'est réveillée sonnée vendredi: «Se réveiller à 4h30 et penser pouvoir aérer un peu: erreur, il fait encore chaud dehors avec 28 degrés!», tweetait un homme. Un autre aspirant à un paysage enneigé en a posté une photo: «Voilà ce que je veux».

Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier et à s'intensifier sous l'effet du réchauffement climatique. Au cours des 2 000 dernières années, les températures mondiales n'avaient jamais augmenté aussi rapidement, selon des données publiées mercredi dans deux études distinctes dans les revues Nature et Nature Geoscience.

(L'essentiel/afp)