1,8 million de manifestants

11 septembre 2014 20:16; Act: 12.09.2014 12:00 Print

La Catologne aussi veut son référendum

Dans une forêt de drapeaux, des centaines de milliers de Catalans ont manifesté jeudi, à Barcelone, pour réclamer le droit de se prononcer par un vote sur l'indépendance de leur région, à l'instar de l’Écosse.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Contrairement au gouvernement britannique, qui a autorisé le référendum écossais le 18 septembre, le gouvernement espagnol refuse tout référendum régional d'autodétermination. Invoquant la Constitution, il veut empêcher celui que la Catalogne prépare pour le 9 novembre. À l'heure dite, les colonnes de manifestants portant des tee-shirts rouges ou jaunes se sont alignés en longues files, sur deux grandes avenues de la seconde ville d'Espagne, pour former une immense oriflamme humaine aux couleurs du drapeau catalan et en forme de V, pour Voter. Les associations indépendantistes, qui appelaient à «remplir les rues pour remplir les urnes», avaient annoncé avoir rassemblé plus d'un demi-million de volontaires, pour cette "Diada", la "journée nationale" de la Catalogne.

Cette Diada marque le 300e anniversaire de la prise de Barcelone en 1714 par les troupes du roi Philippe V, qui abolit les lois et les institutions catalanes. Symboliquement, le temps fort de la manifestation a été fixé à 17h14. A la pointe du V, une femme de 86 ans, Lourdes Castellseguer, était venue avec son déambulateur, et accompagnée de son fils et de quelques amis. «Nous sommes en train de faire quelque chose de très important et pour réussir nous devons tous être unis, peu importe l'âge», dit-elle. «Ce ne sera pas facile parce qu'ils placeront beaucoup d'obstacles devant nous mais je crois que nous y arriverons. Et j'espère que je le verrai».

«Pourquoi pas la Catalogne?»

Le chef du gouvernement catalan, Artur Mas, a averti Madrid qu'il ne pourrait «pas empêcher éternellement la Catalogne de se prononcer sur son avenir», dans une interview dans son bureau au palais gothique de la Generalitat, siège de l'exécutif régional. «Si une nation comme l’Écosse a le droit de décider de son avenir, pourquoi pas la Catalogne?», a-t-il demandé. Selon lui, le gouvernement espagnol ne doit pas continuer à opposer des arguments constitutionnels au problème politique que pose la Catalogne et cette consultation, non contraignante, est nécessaire pour savoir si les indépendantistes sont majoritaires.

Artur Mas compte faire adopter dans les prochains jours par le Parlement catalan une loi qui lui permette d'organiser la consultation, mais le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a prévu de saisir immédiatement le tribunal constitutionnel pour qu'il suspende cette loi. Il serait difficile de faire reconnaître par la communauté internationale les résultats d'un scrutin organisé à l'encontre d'une décision du tribunal, reconnaît Artur Mas, mais il refuse de dire ce qu'il fera dans ce cas-là.

(L'essentiel/AFP)