Manque de main-d'œuvre

13 octobre 2021 07:21; Act: 13.10.2021 09:13 Print

La dinde de Noël menacée au Royaume-​​Uni

Conséquence du Brexit, les éleveurs ont de la peine à recruter des employés en vue des fêtes de fin d’année.

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Une ferme d’élevage de dindes près de Sheffield, dans le nord de l’Angleterre. (photo: AFP)

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Au cœur de la campagne anglaise, à la ferme «Flower Farm», c’est la tourmente. Patrick Deeley n’a toujours pas la main-d’œuvre suffisante pour livrer ses dindes à Noël. «Je ne suis pas sûr d’obtenir le personnel suffisant pour pouvoir faire le travail requis avant Noël. La pression sera forte», explique le fermier du Surrey (sud).

Patrick devrait déjà pouvoir compter sur la présence de douze travailleurs saisonniers pour la mi-décembre, pour l’aider à emballer, préparer et livrer ses volailles avant Noël. Depuis plus de 15 ans, il recrute des ouvriers venus d’Europe. Il n’a pas réussi à en engager un seul cette année. Dans sa grange en bois foncé de 30 mètres de long, 600 dindes blanches l’entourent quand il vient les nourrir.

Candidatures rares

«Le Brexit est, selon moi, un facteur important, dans la mesure où une des conséquences est une perte massive de main-d’œuvre» explique-t-il. Le Brexit, entré en vigueur le 1er janvier, complique désormais l’entrée au Royaume-Uni de travailleurs originaires de l’Union européenne qui doivent obtenir un visa. Face à la pénurie de main-d’œuvre qui affecte le secteur de la volaille, certains éleveurs ont multiplié les petites annonces pour recruter. Mais les candidatures se font extrêmement rares.

«Ce n’est pas le travail le plus glamour du monde. C’est un travail difficile, c’est l’agriculture, il faut travailler sept jours par semaine» explique Mark Gorton, qui élève des dindes à Norfolk dans l’est de l’Angleterre, et ne compte à ce jour aucun saisonnier, alors qu’il en embauche environ 300 à 400 chaque année. «Nous sommes à six semaines du début de la préparation des dindes pour le marché de Noël et, pour le moment, nous n’avons pas de main-d’œuvre», ajoute-t-il, visiblement inquiet.

«Mal aimés»

En raison de la pénurie de main-d’œuvre, certains fermiers ont été contraints de produire moins de dindes cette année et les supermarchés ont revu leurs carnets de commandes à la baisse. «Le nombre de dindes a été considérablement réduit (…) c’est un problème à travers tout le pays, peu importe si vous avez dix dindes ou 20 000 dindes, le problème est fondamentalement le même, il y a une énorme pénurie de main-d’œuvre qualifiée», précise Patrick.

Face à cette situation, les amateurs de dindes commandent plus tôt. Sur les 40 fermes regroupées dans l’«association des dindes fraîches de ferme traditionnelle», une majorité a fait état d’une augmentation significative des commandes par rapport à l’an dernier à la même date. Certaines exploitations ont même déclaré avoir reçu cinq fois plus de commandes.

Secteur clé

D’où le risque de voir grimper les prix de la dinde. «Je pense que les gens vont malheureusement constater une augmentation du coût des produits», prévoit Patrick. L’élevage de volailles étant un secteur clé de l’économie britannique, le gouvernement a décidé d’accorder 5 500 visas de travail valables jusqu’au 31 décembre, pour faire venir les saisonniers. Mais les fermiers craignent que cette initiative ne change pas la donne.

«Est-ce que je quitterais ma maison, mon pays, mon travail, ma sécurité, juste pour venir aider un pays qui m’a dit qu’il ne voulait plus de moi? Je ne le ferais pas» commente Patrick pour qui les travailleurs étrangers se sentent désormais «mal-aimés». À l’approche de Noël, les éleveurs semblent résignés: «Je vais devoir persuader les gens qui travaillent pour moi que nous allons devoir travailler 18-19 heures par jour, au lieu de 16», explique aussi Patrick. Le secteur de la volaille est un des plus touchés par le manque de main-d’œuvre. Mais c’est loin d’être le seul. À l’approche de la saison des fêtes, les producteurs de sapins, les éleveurs de porcs, ainsi que les magasins de jouets redoutent aussi de ne pas pouvoir répondre à la demande, en raison du manque de personnel et de chauffeurs routiers.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Européen convaincu le 13.10.2021 08:10 Report dénoncer ce commentaire

    Pas grave, les anglais pourront changer leurs habitudes alimentaires pour Noël en remplaçant la dinde par des chapons bien de chez nous avec des escargots en entrée.. ...ou tout simplement venir fêter sur le continent, mais ils leur faudra faire les démarches administratives supplémentaires. Ca fera marcher notre commerce et rapporter des devises.

  • Dorian le 13.10.2021 09:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cela ne nous regarde plus…les US et les australiens peuvent les aider.

  • Europe le 13.10.2021 08:43 Report dénoncer ce commentaire

    Bien fait ! Europe First ! Je rigole bien quand ils pleurent car ils n'ont plus de chauffeurs de camions, quand ils doivent attendre des heures pour faire le plein. Les britanniques ne sont plus dans l'UE donc ils peuvent être nos alliés si nous avons des intérêts communs mais ne seront plus jamais nos amis ! Avec le brexit, quelque chose s'est définitivement brisé entre moi et les britanniques.

Les derniers commentaires

  • Jacky Gelin le 13.10.2021 14:00 Report dénoncer ce commentaire

    Heureusement, nos amis Ecossais majoritairement contre le Brexit pourront se consoler avec du mouton.

  • veritis le 13.10.2021 13:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vous le vouliez ce Brexit. maintenant, assumez!

    • @veritis le 13.10.2021 15:02 Report dénoncer ce commentaire

      ils se sont fait manipulés par la même agence qui avait mis Trump au pouvoir.

  • bienfait le 13.10.2021 12:50 Report dénoncer ce commentaire

    Qu'ils assument les conséquences de leur décisions ! C'est pas comme si l'Europe ne les avaient pas averti de se qui allait de passer post brexit !

  • Eddy Da Silva le 13.10.2021 11:04 Report dénoncer ce commentaire

    Qui veut tout, souvent fini sans rien.....

  • a dinde oh no! le 13.10.2021 09:52 Report dénoncer ce commentaire

    donc il n'y a plus de chômage en Angleterre, si il n'y a personne pour travailler, à moins qu'il faille réévaluer le travail ingrat, pénible, sans considération etc. ou alors obliger les sans emploi à travailler, comme l'aurai fait miss maggy ou le guide suprême.

    • help me I want your freedom le 13.10.2021 10:44 Report dénoncer ce commentaire

      C'est la grande difference avec nos ancêtres. Eux se formait a un metier pour gagner de l'argent pour pouvoir manger. Ce n'était pas forcément un travail intéressant mais cela mettait de la soupe à table. A présent, c'est facile, quand le boulot est pas intéressant on se rend dans les institutions publiques pour obtenir de l'aide. Il ne faut plus s'inquiéter, l'état est la pour subvenir à nos besoins. C'est le grand écart entre les assistés et le désir de liberté.