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26 février 2019 15:14; Act: 26.02.2019 15:40 Print

La fille du porte-​​parole de Poutine gêne le Parlement

Elizaveta Peskova, fille de Dmitry Peskov, est actuellement en stage au Parlement européen auprès d'Aymeric Chauprade, ex-proche de Marine Le Pen. «Normal», assure le Kremlin.

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Une fille de Dmitry Peskov, influent porte-parole de Vladimir Poutine, est en stage au Parlement européen. C'est son employeur, Aymeric Chauprade, qui l'a fait savoir à l'AFP. Ex-conseiller pour les affaires internationales de Marine Le Pen, le Français assure cependant que la jeune femme de 20 ans n'a aucun accès à des documents sensibles. Chauprade a confirmé une information divulguée par «Radio Free Europe», média privé financé par le Congrès américain.

Rémunérée 1 000 euros par mois, comme tous les autres stagiaires qu'a eus Chauprade, Elizaveta Peskova, étudiante en droit en France, «n'a accès qu'à des données publiques», a-t-il ajouté. «Elle n'a pas accès aux débats à huis clos», a-t-il dit, précisant notamment qu'elle ne pouvait pas suivre les travaux de la délégation UE/Russie à laquelle il appartient.

L'eurodéputée socialiste française Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy s'est déclarée «effarée». «C'est extrêmement choquant. La fille du porte-parole du Kremlin n'est pas n'importe quelle personne», s'est-elle indignée. «Je suis surprise que ce recrutement ait été validé par les services du Parlement», a-t-elle ajouté.

L'UE redoute des interférences

Aymeric Chauprade, qui est également membre de la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la «sous-commission sécurité et défense» qui lui est rattachée, a de son côté affirmé: «Il y a zéro sujet au point de vue sécurité défense et conflit d'intérêts».

Chauprade a été élu avec le Front National français en 2014, puis s'est brouillé avec ses dirigeants et est devenu indépendant fin 2015. Il était observateur lors du référendum organisé par Moscou en Crimée après l'annexion de cette péninsule par la Russie en mars 2014. «Je n'ai jamais caché que je considérais que la Crimée était russe historiquement et qu'il y avait eu un vote d'adhésion du peuple à ce moment-là», a-t-il ajouté. L'UE redoute des interférences, en particulier de la part de la Russie, lors des élections européennes, fin mai.

Contacté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié mardi de «pratique normale» le stage qu'effectue actuellement sa fille au Parlement européen, affirmant qu'il n'avait «rien à voir» avec sa fonction. «Il s'agit ici d'une étudiante normale et d'une pratique normale. Cela n'a rien à voir avec ma fonction professionnelle ou mon travail», a déclaré à la presse, Dmitri Peskov.

(L'essentiel/afp)