Royaume-Uni

03 mai 2019 15:03; Act: 03.05.2019 15:30 Print

La peine d'Assange est jugée «disproportionnée»

Des experts onusiens critiquent la sentence infligée par Londres au fondateur de WikiLeaks pour avoir violé sa liberté provisoire.

Le groupe d'experts indépendants de l'ONU se dit «profondément préoccupé» par la décision de la justice britannique visant Assange.

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La condamnation de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, à 50 semaines de prison pour violation de ses conditions de liberté provisoire par un tribunal britannique, est «disproportionnée», a estimé vendredi, le Groupe de travail de l'ONU, sur la détention arbitraire.

Dans un communiqué, le groupe d'experts indépendants, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l'homme mais ne s'expriment pas au nom des Nations unies, se dit «profondément préoccupé» par la décision de la justice britannique, estimant qu'il s'agit d'une «peine disproportionnée» qui a été «imposée à M. Assange».

Délogé par la police britannique

En 2012, l'Australien de 47 ans, qui faisait l'objet de poursuites en Suède pour viol - affaires depuis classées - s'était réfugié dans l'ambassade d'Équateur à Londres pour éviter d'être extradé vers la Suède et vers les États-Unis, en raison de la publication de documents secrets américains par WikiLeaks.

Après sept ans passés entre les quatre murs de l'ambassade équatorienne, Julian Assange en a été délogé par la police britannique le 11 avril, avec l'autorisation de Quito. Il a été condamné à 50 semaines de prison pour violation de ses conditions de liberté provisoire par le tribunal londonien de Southwark.

«Piratage informatique»

Les experts font valoir qu'il s'agit là d'une «violation mineure» pour laquelle il s'est vu infliger quasiment la peine maximale de douze mois de prison. Ils expliquent également que M. Assange ne fait actuellement pas l'objet de poursuites en Suède, car le «procureur n'a pas porté plainte contre M. Assange en 2017» et «a mis fin à l'enquête». Le Groupe de travail se dit en outre «préoccupé par le fait que M. Assange est détenu depuis le 11 avril 2019 à la prison de Belmarsh, une prison de haute sécurité, comme s'il avait été condamné pour une infraction pénale grave».

Le fondateur de WikiLeaks a toujours affirmé s'être soustrait à la justice britannique par crainte non pas d'être extradé vers la Suède, mais de finir aux États-Unis, qui l'accusent de «piratage informatique». Jeudi, M. Assange a refusé d'être extradé vers les États-Unis, où selon le représentant de la justice américaine, il risque une peine maximale de cinq ans de prison.

(L'essentiel/afp)