Séisme en Albanie

29 novembre 2019 10:19; Act: 29.11.2019 10:30 Print

«Laissez-​​moi mourir dans les bras de ma fille»

Retrouvée sous les décombres près du corps de son enfant de 8 ans, une victime du tremblement de terre de mardi a succombé quelques heures après avoir été transportée à l'hôpital.

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Diena et sa fille Esiela sont décédées à quelques heures d'intervalle. (photo: Instagram)

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Elles sont parties ensemble. Après le séisme survenu mardi en Albanie, Diena a été retrouvée dans les décombres d'un immeuble de six étages à Durres. Selon le média local Gazeta Blic, la jeune femme de 30 ans serrait contre elle le corps de sa fille Esiela, 8 ans. La petite avait succombé à ses blessures 12 heures auparavant.

En voyant arriver les secouristes, l'Albanaise a eu ces paroles terribles: «Ne me sortez pas, je veux mourir dans les bras de ma fille». La trentenaire est décédée d'une hémorragie sur la route de l'hôpital, rejoignant ainsi sa fille chérie. Après le décès de son mari en 2015, Diena avait consacré sa vie à élever seule leur enfant.

«La seule chose qui reste dans de tels moments, c'est la conviction qu'ils sont peut-être ensemble, tous les trois. Peut-être y a-t-il une place pour les âmes faites les unes pour les autres», conclut le média albanais.

Le bilan s'est encore alourdi

Jeudi soir, le bilan du séisme dévastateur qui a frappé l'Albanie est monté à 46 morts. Le tremblement de terre de magnitude 6,4, le plus puissant dans cette région du petit pays des Balkans, depuis près d'un siècle, a frappé mardi avant l'aube, à un moment où les gens dormaient. Des bâtiments entiers se sont écroulés, piégeant les victimes sous des montagnes de gravats.

Les sauveteurs, aidés par des chiens et des caméras de détection, sont soutenus par des spécialistes venus de pays de l'Union européenne mais aussi de Serbie ou du Kosovo. Près de trois jours après la catastrophe, des nouveaux corps étaient extraits des ruines. Selon un dernier bilan du ministère de la Défense publié après la découverte de quatre dépouilles dans une maison effondrée dans le quartier de Keneta, où vivaient les neuf membres de la famille Lala, 46 personnes ont péri. D'après un témoin sur place, il s'agissait d'une mère et de ses trois jeunes enfants, «découverts tous les quatre dans le même lit».

«Poches de survie»

Malgré un travail compliqué par des centaines de répliques sismiques et un bilan toujours plus lourd, les secouristes gardent l'espoir de trouver des survivants. Pour l'heure, une cinquantaine de personnes ont été récupérées en vie.

«Il peut y avoir de l'espoir jusqu'à huit ou dix jours» après un séisme, dit à l'AFP, le capitaine Joël Leroy, qui fouille avec une cinquantaine d'autres membres de l'unité militaire de la sécurité civile de Brignoles, dans le sud de la France, un immeuble très endommagé de Durres. Deux étages au moins se sont enfoncés dans le sol.

Les victimes peuvent se trouver dans des «poches de survie», des poches d'air qui leur permettent de respirer sous les gravats, explique-t-il. «C'est pour cela qu'on travaille d'arrache-pied».

(L'essentiel/afp)