Italie

20 août 2019 15:57; Act: 21.08.2019 10:23 Print

Le chef du gouvernement italien démissionne

Le Président du conseil italien Guiseppe Conte annonce sa démission après le débat parlementaire qui s'est déroulé ce mardi au Sénat.

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Giuseppe Conte, ici entouré de ses vice-Premiers ministres Matteo Salvini (à gauche) et Luigi Di Maio (à d.), a annoncé sa démission. (photo: AFP/Andreas Solaro)

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Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé mardi sa démission et la fin du premier gouvernement populiste, accusant le chef de la Ligue Matteo Salvini, d'avoir été «irresponsable» en faisant éclater la coalition au pouvoir le 8 août. Dans un discours solennel au Sénat, M. Conte a tancé son ministre de l'Intérieur, estimant qu'il n'a fait que «poursuivre ses propres intérêts et ceux de son parti» en cherchant à capitaliser sur des sondages qui les créditaient d'une ample majorité au parlement, dans le sillage de leur score record aux Européennes (34%).

«Faire voter les citoyens est l'essence de la démocratie mais leur demander de voter tous les ans est irresponsable», a lancé M. Conte. «Le pays a un besoin urgent que soient adoptées des mesures pour favoriser la croissance économique et les investissements». «J'interromps ici cette expérience de gouvernement. J'entends conclure ce passage institutionnel de façon cohérente. J'irai voir le président de la République pour lui présenter ma démission», a déclaré M. Conte, en soulignant qu'auparavant il écouterait le débat prévu pour durer 3h45.

Il a bien présenté sa démission dans la soirée de mardi. Avec cette décision qui scelle la fin du gouvernement formé il y a 14 mois par la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 Etoiles (antisystème), le chef du gouvernement sortant a été chargé, comme c'est la pratique, d'expédier les affaires courantes.

«Pleins pouvoirs»

Dans son discours à charge contre M. Salvini, M. Conte a accusé le vice-Premier ministre d'avoir fait «courir de graves risques à notre pays» et évoqué le danger d'une spirale économique négative pour la troisième économie de la zone euro. Il a aussi reproché au chef de la Ligue (extrême droite) son «manque de respect des règles et des institutions», lui reprochant aussi d'avoir réclamé des élections au plus vite afin d'obtenir «les pleins pouvoirs».

«Cher ministre de l'Intérieur, je t'ai entendu demander les "pleins pouvoirs" et appeler (tes partisans) à descendre dans la rue pour te soutenir; cette attitude me préoccupe», a ajouté M. Conte. «Nous n'avons pas besoin des pleins pouvoirs mais de dirigeants ayant le sens des institutions», a-t-il encore déclaré. Arrivé à la tête du pays après une marche fasciste sur Rome, le dictateur Benito Mussolini obtint en 1922 les «pleins pouvoirs» pour diriger à sa guise l'Italie pendant toute l'année suivante.

(L'essentiel/afp)