Distinction

25 octobre 2018 12:28; Act: 25.10.2018 12:49 Print

Le cinéaste Oleg Sentsov reçoit le prix Sakharov

Le Parlement européen a décerné jeudi, son prestigieux Prix Sakharov au cinéaste ukrainien emprisonné en Russie, Oleg Sentsov.

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Oleg Sentsov est en prison depuis 2014. (photo: AFP/Sergei Venyavsky)

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Originaire de la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée par la Russie en 2014, Oleg Sentsov, 42 ans, est détenu dans la colonie pénitentiaire russe de Labytnangui, au-delà du cercle polaire arctique. Ce père de deux enfants, arrêté chez lui en mai 2014, a été condamné en août 2015 à 20 ans de prison pour «terrorisme» et «trafic d'armes», à l'issue d'un procès qualifié de «stalinien» par l'ONG Amnesty International.

Il avait débuté une grève de la faim à la mi-mai pour obtenir la libération de tous les «prisonniers politiques» ukrainiens détenus en Russie, avant d'y mettre fin 145 jours plus tard, début octobre, afin, disait-il, d'éviter d'être nourri de force.

Le G7 ainsi que de nombreuses personnalités politiques ou du monde culturel ont appelé à sa libération. En dépit de l'arrêt de sa grève de la faim, son état de santé soulève toujours les plus vives inquiétudes.

«Gamer», son chef-d'œuvre

«Abandonner une grève de la faim est un processus assez compliqué. Personne ne peut dire à l'heure actuelle qu'Oleg va s'en sortir. La situation est très, très grave», a assuré sa cousine Natalia Kaplan, à la mi-octobre. «Ses dernières lettres sont assez pessimistes», a-t-elle confié, précisant que le cinéaste «a écrit un testament et y demande de ne pas abandonner ses enfants».

Oleg Sentsov est connu pour son film «Gamer», qui raconte l'histoire d'un adolescent participant à des compétitions de jeux vidéo tout en faisant face à une vie quotidienne difficile, dans un village d'Ukraine. Il avait été projeté dans plusieurs festivals et récompensé à Rotterdam en 2012.

Sa situation est emblématique des relations à couteaux tirés entre la Russie et l'Ukraine, depuis l'arrivée au pouvoir en 2014 de pro-occidentaux à Kiev, suivie de l'annexion de la Crimée et d'un conflit armé avec les séparatistes pro-russes en Ukraine, qui a fait plus de 10 000 morts.

(L'essentiel/afp)