Enquête en Russie

20 décembre 2019 08:47; Act: 20.12.2019 10:38 Print

Le mystère reste entier après la tuerie de Moscou

Au lendemain de l'attaque qui a fait un mort et cinq blessés à Moscou, les autorités n'ont livré quasiment aucun élément. Le suspect, décédé, a été identifié par des médias.

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Les autorités russes étaient muettes vendredi matin quant à l'identité et aux motivations de l'homme qui a attaqué le siège des services secrets la veille. Il s'agit d'un habitant de la région de Moscou, selon les médias russes. Le Service fédéral de sécurité (FSB), qui a été visé jeudi soir à Moscou par un homme armé, et le Comité d'enquête de Russie, en charge des investigations, ont jusqu'ici communiqué de manière lapidaire, se bornant à confirmer l'attaque et son bilan.

Un agent du FSB a été tué et cinq personnes blessées dont un civil. L'assaillant est mort aussi, abattu par les forces de l'ordre, peu après qu'il a ouvert le feu aux abords de la place de la Loubianka. Aucune indication n'a été donnée quant aux motivations du tireur et l'enquête a été ouverte pour «atteinte à la vie d'un agent des forces de l'ordre». L'attaque est néanmoins intervenue alors que la Russie célèbre tous les ans, le 19 décembre, la journée des agents du contre-espionnage militaire, et le 20 décembre la journée des agents des services de sécurité. Le président Vladimir Poutine, un ancien agent du KGB et ex-patron du FSB (1998-1999), participait d'ailleurs jeudi, au moment des faits, à une cérémonie.

Un amateur de tir sportif

L'attaque armée s'est déroulée en plein centre de Moscou, à une dizaine de minutes à pied de la place Rouge et du Kremlin, siège de la présidence, un quartier où la présence policière est toujours très dense. Le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda, la chaîne de télévision REN-TV ainsi que plusieurs médias actifs sur la plateforme Telegram, ont identifié le tireur comme un homme de 39 ans ayant un nom à consonance slave, résident à Podolsk, à 40 kilomètres au sud de Moscou. Ils ont fait état de perquisitions nocturnes à son domicile. Plusieurs armes étaient enregistrées légalement en Russie à son nom.

Komsomolskaïa Pravda, citant la mère du suspect, affirme qu'il avait été employé dans des entreprises spécialisées dans la sécurité, mais qu'il avait cessé de travailler depuis peu. Elle a mentionné «ces derniers temps des conversations au téléphone avec des arabes (...) Je ne comprenais rien, ils parlaient anglais». Le journal s'est aussi entretenu avec l'un des entraîneurs de tir sportif du défunt suspect: «Il discutait normalement, il venait juste en cours en longue parka noire. On lui proposait de l'enlever, mais il disait qu'il était bien comme ça», a expliqué l'instructeur, Oleg Solovitch, qui n'a rien remarqué d'anormal chez l'individu.

(L'essentiel/afp)