Catalogne

19 mai 2018 19:31; Act: 19.05.2018 19:34 Print

Le nouveau président lance un défi à Madrid

Deux anciens ministres emprisonnés et deux autres exilés depuis la tentative de sécession d'avec l'Espagne font partie du cabinet régional mais Madrid pourrait poser son veto.

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À peine en fonctions, le nouveau président indépendantiste de Catalogne a lancé samedi un premier défi à Madrid. Il a nommé dans son gouvernement des ministres incarcérés ou exilés pour leur rôle dans la tentative de sécession d'Espagne. Sur les 13 «conseillers» du gouvernement régional, deux - Jordi Turull et Josep Rull - sont en détention préventive près de Madrid. Deux autres - Toni Comin et Lluis Puig - vivent en exil en Belgique, où ils avaient fui avec le président Carles Puigdemont après la destitution du gouvernement régional.

Tous les quatre, comme Carles Puigdemont, sont poursuivis pour «rébellion» en raison de leur rôle dans la tentative de sécession du 27 octobre dernier. M. Puigdemont attend en Allemagne que la justice se prononce sur une demande d'extradition de la justice espagnole. La justice belge a elle rejeté pour vice de forme la demande d'extradition de Comin, Puig et des deux autres «conseillers» qui s'étaient comme eux établis en Belgique.

Turull et Rull ont annoncé qu'ils acceptaient la charge qui leur était confiée dans des messages identiques sur leur compte Twitter. Leurs avocats ont demandé leur mise en liberté provisoire pour leur permettre de prendre leurs fonctions mercredi prochain 23 mai.

Blocage de Madrid possible

La formation effective de ce gouvernement pourrait être bloquée par Madrid. Le gouvernement espagnol conserve en effet la tutelle sur cette région, imposée le 27 octobre 2017 lors d'une déclaration d'indépendance restée sans suite. C'est à lui en principe que revient de publier cette liste au journal officiel, pour que l'exécutif régional entre en fonctions ce qui lèvera automatiquement la tutelle en application de l'article 155 de la Constitution. Mais le gouvernement de Mariano Rajoy a prévenu qu'il veillerait à faire respecter la loi et mis en doute la possibilité d'une prise de fonctions de ministres incarcérés ou en fuite à l'étranger.

Le parti Ciudadanos, rival du Parti Populaire de M. Rajoy, a déjà demandé qu'il paralyse la procédure. «Dans ces conditions, on ne peut pas lever le 155», a écrit le chef de Ciudadanos en Catalogne, Inés Arrimadas sur son compte twitter. Le chef du Parti populaire en Catalogne, Xavier Garcia Albiol, a vu de son côté dans la composition du gouvernement de M. Torra «la volonté de poursuivre dans le conflit et la provocation».

(L'essentiel/afp)