Justice en Allemagne

17 octobre 2019 08:04; Act: 18.10.2019 14:32 Print

Le procès d'un gardien de camp nazi s'ouvre

Un ancien SS, aujourd'hui âgé de 93 ans, va être jugé à partir de jeudi, à Hambourg, en Allemagne. Il s'agit probablement de l'un des derniers procès de ce genre.

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Le Stutthof est le premier camp nazi construit hors d'Allemagne. (photo: AFP/Mateusz Ochocki)

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Il s'agit sans doute d'un des derniers procès d'un ancien gardien de camp nazi: un SS du camp de concentration nazi de Stutthof, en Pologne, comparaît, jeudi, à Hambourg, pour complicité de milliers de meurtres. Les audiences du procès seront restreintes à deux par semaine et à deux heures maximum chacune, en raison de l'état de santé précaire de Bruno Dey, 93 ans. Il est accusé par le parquet de Hambourg de complicité de meurtres lorsqu'il était gardien, entre août 1944 et avril 1945, du camp de Stutthof. Il s'agit du premier camp nazi construit hors d'Allemagne. Environ 65 000 personnes y sont mortes.

La complicité de M. Dey, 17 ans à l'époque des faits, est engagée, a détaillé le parquet, dans le meurtre de 5 230 prisonniers, dont 5 000 en «créant et maintenant des conditions mettant la vie en danger», 200 par gazage et 30 d'une balle dans la nuque. La tâche de l'accusé consistait à «empêcher la fuite, la révolte ou la libération des prisonniers» juifs du camp, condamnés à être exterminés par balle ou au gaz Zyklon B, selon l'accusation. M. Dey a été un «rouage de la machine meurtrière en toute connaissance de cause», accuse le parquet. L'enjeu du procès est de déterminer s'il a «sciemment soutenu les meurtres cruels de prisonniers, de Juifs en particulier».

Des survivants ont décrit les meurtres dans ce camp, du gazage aux exécutions par balle, en passant par la privation de nourriture, les charges inhumaines de travail ou l'exposition au froid. Ils ont témoigné sur les corps entassés devant une porte du camp, les chaussures rassemblées en un immense tas, au vu et au su, selon eux, de tout le personnel du camp. L'accusé a reconnu lors de l'instruction avoir à l'époque su ce qui se passait dans le camp concernant les chambres à gaz et les crémations des cadavres. Mais il a assuré ne pas avoir pu fuir, sous peine d'être lui-même tué.

(L'essentiel/afp)