En Roumanie

07 octobre 2018 21:54; Act: 08.10.2018 13:19 Print

Le référendum sur le mariage gay échoue

Le référendum pour ancrer l'interdiction du mariage gay dans la constitution n'a attiré que 20,4% des électeurs, loin des 30% requis pour que le résultat soit valable.

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Un militant roumain pour l'égalité cède à l'émotion alors que le référendum antimariage gay a échoué. (photo: AFP/Daniel Mihailescu)

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Les Roumains ont refusé dimanche d'ancrer dans la Constitution l'interdiction du mariage gay en boudant un référendum soutenu par le gouvernement de gauche, qui essuie un cuisant revers. Seuls 20,41% des électeurs ont voté lors de ce scrutin qui avait débuté samedi, selon le Bureau électoral central, alors qu'un seuil minimum de 30% était requis pour que cette consultation soit validée.

Les résultats, qui seront annoncés lundi, devraient confirmer l'avance du «oui» au changement constitutionnel, mais les partisans de cette consultation controversée ont déjà concédé leur défaite. «C'est un échec pour les Roumains et pour la Roumanie», a lancé le secrétaire-général des sociaux-démocrates (PSD) Codrin Stefanescu, dénonçant le «boycott d'une démarche civique».

Le référendum avait été initié par des ONG proches de la puissante Église orthodoxe et réunies au sein d'une «Coalition pour la famille», qui ont assuré avoir recueilli trois millions de signatures d'opposants au mariage gay. Le scrutin a attiré 3,7 millions d'électeurs, sur un total de quelque 19 millions.

Bien au-delà de la communauté LGBT, de nombreuses organisations de la société civile avaient appelé à boycotter cette consultation. L'association Accept, qui défend les droits des minorités sexuelles, s'est félicitée d'un résultat qui «démontre l'attachement de l'électorat envers le parcours européen de la Roumanie et envers les valeurs démocratiques».

«Opportunisme»

Appelés à inscrire dans la loi fondamentale que seuls «un homme et une femme» peuvent s'unir et non plus des «époux», comme stipulé actuellement, les Roumains ont préféré rester chez eux, dénonçant un «gaspillage d'argent» mais aussi une campagne aux accents outrageants envers les homosexuels. «On devrait laisser à tout le monde le choix de se marier ou non, sans égard pour l'orientation sexuelle», a confié à l'AFP, une retraitée, Ileana Popescu, après avoir assisté à la messe dominicale à Bucarest.

Sur le fond, cette consultation ne devait rien changer puisque la législation roumaine n'autorise ni le mariage entre personnes de même sexe ni l'union civile. Mais une modification constitutionnelle aurait verrouillé davantage cette interdiction. À contre-courant des gauches européennes, les leaders des sociaux-démocrates roumains ont pris fait et cause pour les défenseurs de la «famille traditionnelle», moins par conviction, selon leurs adversaires, que par «opportunisme».

Mais selon le sociologue Gelu Duminica, l'implication du PSD dans cette campagne a eu l'effet inverse, éloignant les électeurs des urnes. En outre, «l'agressivité qui a marqué la campagne pour le "oui", la tentative d'instiller la haine contre une minorité ont rendu les Roumains réticents à voter», a-t-il expliqué à l'AFP.

(L'essentiel/afp)