UE/Hongrie

19 février 2019 17:08; Act: 19.02.2019 17:33 Print

Le torchon brûle encore entre Juncker et Orban

Le gouvernement hongrois a utilisé le visage du président luxembourgeois de la Commission européenne, dans une campagne accusant cette dernière de soutenir l'immigration.

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Le visage de Jean-Claude Juncker ricanant, associé à celui du financier George Soros: une nouvelle campagne du gouvernement hongrois accusant la Commission européenne de soutenir l'immigration, a provoqué mardi, une réplique immédiate de Bruxelles, qui a dénoncé de «fausses informations». Le gouvernement du dirigeant national-conservateur, Viktor Orban, a dévoilé sur sa page Facebook le nouveau visuel d'une campagne destinée à être diffusée dans les médias hongrois sous le slogan : «Vous avez aussi le droit de savoir ce que Bruxelles prépare». Ce slogan est surplombé du visage de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, en arrière plan duquel est représenté celui du milliardaire et philanthrope Georges Soros, bouc émissaire de M. Orban, des nationalistes et des adeptes des théories du complot.

«Ils veulent instaurer le quota de réinstallation obligatoire (NDLR: des migrants); affaiblir les droits des États membres à défendre leurs frontières; faciliter l'immigration au moyen d'un visa de migrant», poursuit le texte. «Les Hongrois ont le droit de savoir, c'est pourquoi cette nouvelle campagne a été lancée», a justifié lors d'une conférence de presse, mardi, Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement hongrois. À Bruxelles, le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a aussitôt répliqué qu'il s'agissait là de «fausses informations». «La campagne du gouvernement hongrois dépasse l'entendement», a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant: «Il n'y a pas de complot, les Hongrois méritent des faits, pas de la fiction».

Des bras de fer depuis deux ans

Cette campagne devrait également être déclinée sous la forme d'affichage public. Le gouvernement hongrois a déjà régulièrement eu recours à ce mode de diffusion lors de précédentes opérations médiatiques à grande échelle ciblant déjà les institutions européennes ou George Soros. Le milliardaire américain d'origine hongroise finance de nombreuses ONG qui lui valent d'être accusé par M. Orban d'ingérence politique et d'appui aux phénomènes migratoires. Le Premier ministre hongrois a multiplié depuis deux ans les bras de fer avec les instances européennes, qui lui reprochent d'avoir porté atteinte à l’État de droit et à l'équilibre des pouvoirs dans son pays, au fil de ses réformes institutionnelles.

M. Orban et M. Juncker sont aussi tous deux membres du PPE, regroupement de partis conservateurs qui est actuellement majoritaire au Parlement européen. Le dirigeant hongrois souhaiterait tirer cette formation vers des positions plus nationalistes et hostiles à l'immigration. Le PPE, en perte de vitesse face aux montées des extrêmes, a affiché ces derniers mois ses divisions sur le sort de Viktor Orban, que certains souhaiteraient voir exclu du groupe.

(L'essentiel/afp)