En Allemagne

01 août 2019 14:48; Act: 02.08.2019 07:36 Print

Les mœurs sexuelles apprises aux réfugiés

Comment savoir si une femme est consentante? Berlin offre une formation sur la sexualité et le consentement à ses réfugiés.

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La formatrice Carola Pietrusky-Niane, devant des réfugiés, lors des cours «Ensemble pour le respect de la sécurité» donnés à Berlin. (photo: ( AFP / Tobias SCHWARZ ))

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En discothèque, un homme et une femme échangent des regards, boivent, rient, dansent, puis s'embrassent. L'homme ramène la jeune femme chez lui, ferme la porte à clé, elle veut partir, il la viole. La vidéo terminée, sept hommes d'une trentaine d'années, venus à Berlin en provenance de Syrie, Irak ou Afghanistan, sont invités à réagir: «Elle a trop bu, ils couchent ensemble», lance l'un d'entre eux, convaincu que le garçon a profité de l'état d'ébriété de la jeune femme pour abuser d'elle. «Il savait très bien ce qu'il voulait», abonde un autre.

«Ça arrive fréquemment à Berlin, les jeunes boivent beaucoup, se droguent...» et dans ce cas, ce type d'agression peut se produire, prévient la formatrice, Carola Pietrusky-Niane. À Marzahn, un des quartiers les plus défavorisés de Berlin, où ont atterri nombre des milliers de réfugiés accueillis dans la capitale depuis 2015, les sept hommes assistent, par une chaude après-midi d'été, à quatre heures de cours intitulés «Ensemble pour le respect de la sécurité».

Conseils

Plus prosaïquement, il s'agit d'une formation sur la sexualité et le consentement. «Ce sont des thèmes difficiles, parlez librement», les encourage la formatrice. Réunis autour d'une table, des plateaux de fruits posés devant eux, les sept hommes, célibataires et la plupart sans enfants, sont tous volontaires pour suivre cette séance, organisée par l'association norvégienne Hero, qui gère plusieurs foyers de migrants en Allemagne.

Comment savoir si une femme est consentante? Quels conseils donner à des réfugiés qui viennent de pays où filles et garçons sont souvent scolarisés dans des établissements séparés, où les manifestations de tendresse sont proscrites en public, où le viol au sein du couple n'est pas considéré comme un crime?

«C'est comme demander à une personne si elle veut une tasse de thé»

Des questions essentielles dans un pays qui a accueilli plusieurs centaines de milliers de réfugiés depuis quatre ans et reste hanté par la soirée du Nouvel An 2015 à Cologne, marquée par de multiples agressions sexuelles, commises essentiellement par des ressortissants de pays du Maghreb.

Parmi les courtes vidéos présentées lors de la formation, l'une d'elles explique la différence entre rapports sexuels consentis et viol. «C'est comme si vous demandiez à une personne si elle veut une tasse de thé», débute une voix en anglais.

«Si elle répond: "Oui, j'adore ça, c'est qu'elle en veut une. Si elle hésite, vous pouvez faire le thé et demander à nouveau», poursuit la vidéo. «Et si quelqu'un dit: "Non merci, ne faites pas de thé et ne vous fâchez pas"». «C'est la même chose avec la sexualité», conclut la vidéo.

(L'essentiel/afp)