Coronavirus

23 mai 2020 15:03; Act: 23.05.2020 15:07 Print

Londres et Oxford sont en pole pour le vaccin

Malgré les critiques pour sa gestion de la crise, le gouvernement britannique mise à grands coups de millions de subventions sur les efforts de ses chercheurs dans la quête mondiale d'un vaccin.

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Les chercheurs britanniques ont droit d’énormes moyens financiers pour arriver à leurs fins. (photo: AFP)

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L'université d'Oxford et l'Imperial College de Londres se partagent le haut du classement de tête dans la recherche d'un vaccin, souligne le gouvernement de Boris Johnson, dont le pays est le plus endeuillé au monde après les États-Unis, avec plus de 41’000 morts en comptant les cas suspects.

L’État consacre plus de 85 millions de livres sterling (95 millions d'euros) aux travaux d'Oxford et près de 43 millions de livres (49 millions d'euros) à l'Imperial College. Dans le même temps, il espère mettre sur pied une infrastructure capable de fabriquer un futur vaccin en masse, dans le premier semestre de l'année prochaine.

«Aussi vite que possible»

Le gouvernement a également promis de consacrer 388 millions de livres (444 millions d'euros) à un projet international pour développer vaccins, tests et traitements, et accueillera un sommet international en ligne les 4 juin pour le GAVI (l'Alliance du vaccin).

«Le Royaume-Uni continue à mener la réponse internationale pour trouver un vaccin, et le gouvernement soutient nos scientifiques pour faire aussi vite que possible», assurait récemment le ministre des Entreprises Alok Sharma.

Oxford parmi les meilleurs

L'université d'Oxford fonde ses espoirs sur un vaccin basé sur un adénovirus modifié de chimpanzé. La première de ses trois phases de test cliniques a commencé en avril avec un millier de volontaires, et la prochaine phase impliquera 10 260 adultes et enfants.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, qui a recensé plus d'une centaine de projets dans le monde, Oxford est l'un des huit projets ayant atteint le stade des essais sur l'homme.

«Les études cliniques progressent très bien», a souligné vendredi Andrew Pollard, qui dirige le «groupe vaccin» d'Oxford. L'université et le géant pharmaceutique AstraZeneca ont dans le même temps signé un accord pour la fabrication et la distribution dans le monde entier du vaccin en cours de développement. Dans le meilleur des cas, trente millions de doses pourraient être disponibles pour le Royaume-Uni en septembre.

Jeudi, l'entreprise a annoncé une contribution d'un milliard de dollars des États-Unis pour développer la production, qui pourrait atteindre un milliard de doses.

Londres les talonne de près

L'Imperial College de Londres travaille quant à lui sur un vaccin basé sur l'ARN, qui utilise une forme de codage génétique pour créer une inoculation donnant l'instruction aux cellules de provoquer une réponse immunitaire au Covid-19.

Mais «générer des doses de vaccin et avoir les données nécessaires pour montrer qu'un vaccin est à la fois sûr et efficace contre le Covid-19 sont deux choses différentes», avertit le Pr Robin Shattock, qui mène les travaux de l'Imperial College, soulignant qu'il n'y a «pas de garantie» de succès.

Au sud, on mise sur l’oral

Aux côtés des mastodontes, de plus petits acteurs mènent leurs propres recherches, à l'instar de Stabilitech, entreprise du Sud de l'Angleterre.

Elle mise sur un vaccin oral. Administré via le système digestif, il déclenche une réponse immunitaire dans les muqueuses, comme celles situées dans les poumons, la gorge et le nez. Selon l'entreprise, il s'agit d'une méthode plus efficace contre les maladies respiratoires comme le Covid-19.

«Vous obtenez une réaction beaucoup plus forte», a expliqué à l'AFP le directeur de l'entreprise, Wayne Channon. Il a réaffecté vers ces travaux une aide de gouvernementale de 300’000 livres sterling (343’000 euros), initialement destinée à ses recherches sur un vaccin contre le zika et a demandé une nouvelle aide de 5 millions de livres (5,7 millions d'euros).

Début des essais en juin

Les essais cliniques doivent démarrer en juin avec 50 participants, puis 250 pour ensuite atteindre plusieurs milliers. En cas de succès, l'entreprise espère commencer la production d'ici à l'année prochaine.

Avec la foule de travaux en cours, «la possibilité de développer un vaccin, qui ait une efficacité mesurable et qui n'ait pas d'effets secondaires trop important est assez élevée mais pas certaine», estime Adam Finn, professeur de pédiatrie à l'université de Bristol. «Ce qui est plus difficile à prédire est le temps que cela prendra pour y arriver et à quel point le vaccin fonctionnera.»

(L'essentiel/afp)