Drame en Grande-Bretagne

29 octobre 2019 14:33; Act: 29.10.2019 15:05 Print

«Maman, papa, je meurs, je ne peux plus respirer»

Les 39 victimes du camion charnier découvert près de Londres n'ont pas toutes encore été identifiées, mais déjà se dessinent quelques portraits et parcours touchants.

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39 migrants ont été retrouvés morts la semaine dernière, entassés à l'arrière d'un camion frigorifique, près de Londres. Ces candidats malheureux à l'exil n'ont pas encore été officiellement identifiés dans l'attente des résultats des tests ADN. Mais une partie des victimes pourrait être originaire des régions pauvres du centre du Vietnam. Parmi elles, Tiep, originaire de Dien Chau, dans la province de Nghe An. Il a arrêté l'école en troisième, ne voulait pas devenir pêcheur, alors il a annoncé à sa famille qu'il partirait à l'étranger.

Il a quitté le Vietnam il y a un an avec son cousin Nguyen Van Hung, direction la France, où il a trouvé du travail de plongeur dans un restaurant. Le 21 octobre dernier, il a écrit à ses parents en leur demandant 13 000 dollars pour passer en Angleterre. C'est la dernière fois qu'ils ont eu de ses nouvelles. Il est parti avec 500 euros en poche et quelques vêtements de rechange. Sa famille pense qu'il était dans le camion charnier, avec son cousin lui aussi porté disparu.

Un SMS glaçant

Originaire de Can Loc, dans la province de Ha Tinh. Dans un dernier SMS glaçant, envoyé à sa mère quelques heures avant la découverte des 39 corps dans le camion frigorifique, My a écrit: «Maman, papa, je vous aime très fort. Je meurs, je ne peux plus respirer». Elle avait quitté le Vietnam le 3 octobre, obligée de s'endetter pour payer son voyage. «Travaille dur pour rembourser maman», a-t-elle écrit dans un autre message, envoyé à son frère peu de temps avant la découverte du camion.

De son côté, Ha a laissé sa femme et ses deux enfants - son bébé est né trois mois après son départ - afin de se rendre en Europe où il espérait gagner assez d'argent pour entretenir sa jeune famille. Avant de quitter le Vietnam, il avait abandonné l'école de police et enchaîné plusieurs petits boulots, notamment dans la culture du riz. «Je vais monter dans une voiture à destination de la Grande-Bretagne. Je vous rappellerai quand je serai là-bas», avait-il dit à son père le 21 octobre. Il n'a jamais pu rappeler.

(L'essentiel/afp)