Vatican

02 septembre 2016 08:40; Act: 02.09.2016 14:27 Print

Mère Teresa sera canonisée dimanche

Le pape François s'apprête à canoniser dimanche, la religieuse au sari blanc bordé de bleu devenue une icône mondiale, et controversée, de l'engagement en faveur des plus pauvres.

storybild

Mère Teresa est décédée le 5 septembre 1997. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Prix Nobel de la paix en 1979, cette femme tenace et pragmatique, d'une immense tendresse envers les rejetés, s'était aussi faite l'avocate obstinée de la morale de l'Église, tout en souffrant dans sa foi la majeure partie de sa vie. «Rendons hommage à cette petite femme amoureuse de Dieu, humble messager de l'Évangile et infatigable bienfaitrice de l'humanité», avait lancé Jean Paul II lors de sa béatification en 2003. La cérémonie, dernier rendez-vous de ces deux monstres sacrés du XXe siècle, avait attiré 300 000 fidèles à Rome. Mais l'extrême rapidité de la procédure avait suscité des réserves au sein de l'Église.

Ralenti sous Benoît XVI, le dossier a été relancé sous François, qui voit dans Mère Teresa une incarnation de son idéal d'une «Église pauvre pour les pauvres»... même s'il a déclaré qu'il aurait eu «peur» si cette petite femme tenace, déterminée et empreinte d'absolu avait été sa supérieure. La cérémonie sera un temps fort du Jubilé de la miséricorde voulu par le pape argentin. Une douzaine de chefs d'État et de gouvernement, peut-être 100 000 fidèles sur la place Saint-Pierre... et 3 000 policiers et militaires mobilisés pour la sécurité.

«Elle était comme nous»

Une canonisation constitue la déclaration officielle qu'une personne décédée est au paradis. Pour cela, le futur saint doit avoir obtenu deux miracles, l'un pour la béatification, l'autre pour la canonisation, signes de sa proximité avec Dieu. Dans le cas de Mère Teresa, il s'est agi de la guérison en 1998 d'une Indienne qui souffrait d'un cancer, puis celle en 2008 d'un Brésilien atteint de tumeurs au cerveau. Même si pour les membres de sa congrégation, elle était déjà sainte depuis le jour de sa mort le 5 septembre 1997.

Née en 1910 dans une famille albanaise à Skopje, alors dans l'empire ottoman et aujourd'hui en Macédoine, Gonxhe Agnes Bojaxhiu est entrée dans les ordres à 18 ans, choisissant son nom de religion en hommage à Thérèse de Lisieux, avant d'être envoyée à Calcutta pour enseigner. En 1950, elle fonde les missionnaires de la Charité, qui comptent aujourd'hui 5 000 religieuses consacrant leur vie, dans une austérité radicale, «aux plus pauvres d'entre les pauvres» à travers le monde. «Elle n'était pas une personne extraordinaire, elle était comme nous, mais elle était différente en cela qu'elle était en permanence en communion avec Dieu, quoi qu'elle fasse», raconte Sœur Martin de Porres, missionnaire de la Charité depuis 50 ans.

Elle ne cherchait pas de solutions

Cependant à mesure que sa notoriété augmentait, sa ferme opposition à la contraception et à l'avortement, ses méthodes rudimentaires ou ses sources de financement lui ont valu des critiques et parfois même des attaques acerbes. Surtout, contrairement au pape François, elle ne cherchait pas à s'attaquer aux racines de la pauvreté, regrette Mary Johnson, une Américaine qui a été missionnaire de la Charité pendant 20 ans. «Elle avait le capital politique, la bonne volonté de tant de gens à travers le monde, l'oreille des présidents, l'argent... Elle aurait pu user de son influence pour chercher des solutions plus durables», explique-t-elle.

Son objectif «n'était pas d'éliminer la pauvreté mais de sauver des âmes», répond Sr Martin de Porres. Et même si elle-même, comme l'ont révélé des écrits poignants publiés après sa mort, s'est sentie rejetée par Dieu pendant la majeure partie de sa vie, allant jusqu'à douter de son existence, Mère Teresa entendait bien continuer ce travail dans l'au-delà. «Si jamais je deviens une sainte, ce sera sûrement une des ténèbres. Je serais en permanence absente du paradis, afin d'aller allumer une torche pour ceux plongés dans les ténèbres sur terre», écrivait-elle en 1959.

(L'essentiel/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • marie le 02.09.2016 15:20 Report dénoncer ce commentaire

    qu'a fait Mary Johnson ?

  • funky le 02.09.2016 09:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    son esprit..un model pour nous tous

  • Kanit le 04.09.2016 08:32 Report dénoncer ce commentaire

    Je n'ai jamais compris ce qu'est un saint! La religion connait un dieu, un seul dieu, un dieu unique! OK, mais qui sont les anges et les saints?

Les derniers commentaires

  • Kanit le 04.09.2016 08:32 Report dénoncer ce commentaire

    Je n'ai jamais compris ce qu'est un saint! La religion connait un dieu, un seul dieu, un dieu unique! OK, mais qui sont les anges et les saints?

  • Grumpy le 02.09.2016 20:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Elle l'a mérité! Elle était une grande et bonne femme!!

    • janine le 04.09.2016 09:05 Report dénoncer ce commentaire

      je suis tout à fait d accord j essaie de la prendre comme modèle

  • marie le 02.09.2016 15:20 Report dénoncer ce commentaire

    qu'a fait Mary Johnson ?

  • MarcC le 02.09.2016 12:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est de la pure religion, il faut y croire.

    • Rigoberta M. le 05.09.2016 19:02 Report dénoncer ce commentaire

      La canonisation oui mais mère Thérésa s'est vraiment impliquée

  • Circus le 02.09.2016 11:20 Report dénoncer ce commentaire

    Boum... canonisée...