En Suisse

10 décembre 2019 11:40; Act: 10.12.2019 13:48 Print

«Mon père m'a violée toute ma vie»

Les parents et le frère d'une jeune femme sont jugés à Yverdon-les-Bains, en Suisse, pour viol, abus et contrainte sexuelle.

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(photo: iStock)

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L'affaire, jugée depuis lundi au Tribunal correctionnel, est sordide. Âgée de 27 ans, Catherine* accuse son frère et son père de viols et d'actes d'ordre sexuel quand elle était enfant, puis ado. Quant à la mère, elle est poursuivie pour complicité, car elle aurait fermé les yeux sur ces abus. Sa fille pense qu'elle savait, même si elle admet ne lui avoir rien confié. La mère conteste, assurant avoir été présente et soucieuse: «Je ne comprends pas et je ne la crois pas. Je ne reconnais pas ma fille... mais je l'aime encore», déclare-t-elle.

Catherine a déclaré que les faits abjects avec son paternel ont débuté à l'âge de quatre ans déjà, dans des chambres ainsi que dans le cabanon du jardin communal. Aucun pédiatre ou infirmière scolaire n'a cependant constaté quoi que ce soit d'anormal.

Cour contestée et faux souvenir redouté

Défenseur du père, maître Patrick Michod souligne que son client «joue sa vie, sa dignité, son statut de père en raison de la gravité des accusations. Il nie absolument tout». C'est pourquoi l'avocat demande de pouvoir faire auditionner une médecin et d'avoir accès à des expertises psy de l'accusatrice réalisées pour l'AI (Assurance-Invalidité), en vain. Quant au grand frère, il avait admis des attouchements quand ils étaient enfants, mais qu'un seul soir. Catherine, elle, explique avoir enfoui tout cela au moment de quitter le domicile familial. Mais un profond mal-être l'a rattrapée, l'empêchant de travailler. Après avoir été aidée par une thérapeute, les faits lui sont revenus à l'esprit puis elle a déposé plainte en 2016.

Maître Alexandre Lehmann a contesté d'entrée la compétence de la Cour correctionnelle, car les faits reprochés envers le frère remontent à l'époque où il était mineur, «sans preuve qu'ils se soient poursuivis une fois qu'il était majeur». Quant à maître Michod, il dit croire au traumatisme de Catherine*, mais estime qu'elle a construit un «faux souvenir», en faisant un transfert d'actes commis par son frère sur son père, car elle lui en veut de ne pas l'avoir protégée.

*Prénom d'emprunt

(L'essentiel)