Comptable d'Auschwitz

15 juillet 2015 10:06; Act: 15.07.2015 14:00 Print

Oskar Gröning condamné à quatre ans de prison

L'ancien comptable du camp d'Auschwitz a été condamné mercredi pour complicité de meurtre. Il est âgé de 94 ans.

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Oskar Groening avait présenté ses excuses aux victimes. (photo: AFP/Axel Heimken)

op Däitsch
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Oskar Gröning, l'ancien comptable d'Auschwitz âgé de 94 ans, a été condamné mercredi en Allemagne à quatre ans de prison pour «complicité» dans le meurtre de 300 000 Juifs, épilogue de ce qui pourrait être le dernier procès nazi. La décision du tribunal de Lunebourg, devant lequel M. Gröning comparaissait depuis le 21 avril, est légèrement supérieure à la peine de trois ans et demi d'emprisonnement requise le 7 juillet par le parquet, mais dans le bas de la fourchette de 3 à 15 ans encourus par l'accusé.

«Nous, parties civiles, saluons la condamnation d'Oskar Gröning», ont réagi dans un communiqué plusieurs représentants de la cinquantaine de survivants de la Shoah et de proches des victimes présents au procès, déplorant cependant ce «pas bien trop tardif vers la justice». Dans ses réquisitions, le procureur avait mis en balance la «contribution mineure» de l'ancien SS au fonctionnement d'Auschwitz, devenu emblématique de l'horreur concentrationnaire nazie, avec le nombre «presque inimaginable» de victimes.

Gröning aurait assisté à la «sélection»

Si Oskar Gröning a d'emblée assumé une «faute morale» et a présenté à plusieurs reprises ses excuses, sa défense avait plaidé l'acquittement, estimant qu'il n'avait «nullement favorisé l'Holocauste, du moins pas d'une manière pertinente sur le plan pénal». Bien avant d'être rattrapé par la justice, cet ancien engagé volontaire dans les Waffen SS avait livré le récit de ses deux ans passés à Auschwitz, de 1942 à 1944, dans un mémoire destiné à ses proches puis dans de longues interviews destinées à «lutter contre le négationnisme».

L'accusation lui reproche d'avoir «aidé le régime nazi à tirer des bénéfices économiques des meurtres de masse», en envoyant l'argent des déportés à Berlin, et surtout d'avoir assisté à la «sélection» séparant, à l'entrée du camp, les déportés jugés aptes au travail de ceux qui étaient immédiatement tués. Quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, ont péri entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau, libéré par les troupes soviétiques, fin janvier 1945.

(L'essentiel/AFP)