Ex-comptable d'Auschwitz

21 avril 2015 12:37; Act: 21.04.2015 14:43 Print

Oskar Gröning demande «pardon» aux victimes

L'ancien comptable d'Auschwitz jugé en Allemagne pour «complicité de 300 000 meurtres aggravés», a demandé «pardon» aux victimes du camp de concentration, à l'ouverture de son procès mardi à Lunebourg (nord).

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Après la lecture de l'acte d'accusation, Gröning a décliné son identité puis raconté par le menu son engagement volontaire dans les Waffen SS. (photo: AFP/Julian Stratenschulte)

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«Pour moi, il ne fait aucun doute que je partage une culpabilité morale», a déclaré l'ancien SS, âgé de 93 ans, qui a reconnu avoir été au courant de l'extermination des Juifs dès son arrivée au camp. «Je demande pardon», a-t-il ajouté. «Concernant la question de la responsabilité pénale c'est à vous de décider», a-t-il dit à ses juges, alors qu'il encourt 3 à 15 ans de prison.

Vêtu d'un pull sans manches et d'une chemise blanche rayée, lunettes dorées, le vieil homme est entré dans la salle d'audience, appuyé sur ses deux avocats, avant de soulever son déambulateur d'un geste vif pour s'installer. Sa déposition, d'une voix assurée, a occupé l'essentiel de la matinée. L'audience, déplacée dans une salle de spectacle en raison de l'afflux de médias du monde entier et de la présence de 67 parties civiles - des rescapés et descendants de victimes -, s'est ouverte par la prestation de serment de trois interprètes, assurant une traduction simultanée des débats en anglais, hébreu et hongrois.

Après la lecture de l'acte d'accusation, Gröning a décliné son identité puis raconté par le menu son engagement volontaire dans les Waffen SS, en octobre 1940, son premier poste dans l'administration puis son transfert à Auschwitz en 1942, où il devait collecter et trier l'argent des déportés pour l'envoyer à Berlin. Décrivant la vie quotidienne à Auschwitz, il s'est efforcé de distinguer son travail de celui des gardiens directement impliqués dans l'extermination, assurant que sa tâche consistait notamment à «éviter les vols» dans les bagages des déportés, objets d'un important «marché noir» au sein du camp. Il a rappelé avoir à trois reprises réclamé son transfert au front, en vain, avant d'obtenir gain de cause à l'automne 1944. Sa déposition devait se poursuivre à partir de 13h avec les questions du tribunal.

(L'essentiel/AFP)