Élections en Belgique

12 octobre 2018 16:15; Act: 12.10.2018 16:29 Print

Premier scrutin test pour la coalition au pouvoir

La Belgique élit dimanche les conseils municipaux de ses 589 communes, le premier test électoral pour la coalition de centre-droit au pouvoir à Bruxelles, depuis 2014.

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Le vote à Anvers revêt une dimension nationale, sur fond de frictions entre nationalistes et chrétiens-démocrates flamands du CD&V, des partenaires au sein du gouvernement. (photo: AFP/Nicolas Maeterlinck)

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À sept mois des élections législatives, tous les regards sont tournés vers Anvers, la plus grande ville du pays, dont le bourgmestre est depuis six ans Bart De Wever, le président de l'Alliance néo-flamande (N-VA, nationalistes flamands). Le vote y revêt une dimension nationale, sur fond de frictions entre nationalistes et chrétiens-démocrates flamands du CD&V, des partenaires au sein du gouvernement piloté par le libéral francophone, Charles Michel. «L'actuelle coalition qui gère Anvers (NDLR: la N-VA avec le CD&V et les libéraux de l'Open VLD) est la même qu'en région flamande et qu'au niveau fédéral. Si ça change là, ça peut aussi changer ailleurs», explique Dave Sinardet, professeur de sciences politiques à l'Université libre néerlandophone de Bruxelles.

M. De Wever, qui affronte dans sa ville deux ministres du gouvernement, le chrétien-démocrate Kris Peeters et le libéral Philippe De Backer, assure qu'il y a «évidemment un lien» entre ce qui se passera dans sa mairie et le niveau national. Un bon score du parti écologiste Ecolo-Groen pourrait rebattre les cartes dans la cité portuaire et être riche d'enseignements, à l'approche des scrutins régionaux et nationaux de mai 2019.

«Mauvaise image» des socialistes en Wallonie

Pendant la campagne, les problèmes endémiques d'embouteillages et la pollution de l'air ont été autant débattus que les questions de l'immigration, de la fiscalité ou de l'avenir des retraites. En plus de ces thèmes environnementaux porteurs, les écologistes peuvent tirer profit de «la mauvaise image» qu'ont les socialistes, en raison d'une série de scandales à Gand (nord) ou dans la région de Liège (est), poursuit M. Sinardet.

En Wallonie, le sud francophone de la Belgique, «une des grandes questions sera de savoir si le PS garde sa position dominante», souligne le politologue. Le Parti socialiste pourrait voir ses positions grignotées par Ecolo mais aussi par le Parti du Travail de Belgique (PTB, extrême gauche) dans les zones les plus frappées par la désindustrialisation. À l'heure actuelle, le PS francophone gouverne, souvent en coalition avec des libéraux et/ou des centristes, les villes de Bruxelles, Liège, Charleroi ou Mons, bastion de l'ex-Premier ministre Elio Di Rupo (2011-2014).

Élection des conseils provinciaux

En Flandre, Gand, Louvain, Bruges ou Ostende ont des bourgmestres socialistes, certains au pouvoir depuis des décennies. Face à eux la N-VA se pose désormais en challenger numéro un. Dimanche, il s'agira d'observer si la popularité de certains ministres N-VA comme Theo Francken (Asile et Migration) permet à ce parti de percer également dans la région de Bruxelles, en occupant un espace politique vierge à la droite des libéraux. «Il manque en Belgique francophone un parti de droite radicale, alors qu'il y a là un public pour un tel parti comme dans toute l'Europe», estime M. Sinardet.

Le vote dans les communes - qui concerne les quelque 8,1 millions d'électeurs de Belgique - se double dimanche en Flandre et en Wallonie (pas à Bruxelles) de l'élection des conseils provinciaux. Les dix provinces belges ont conservé quelques compétences (enseignement, santé, espaces naturels, etc) dans l'architecture institutionnelle complexe du pays.

(L'essentiel/afp)