Politique migratoire

23 août 2018 16:35; Act: 23.08.2018 17:38 Print

Salvini obstiné dans son refus des migrants

Alors que des migrants arrivent dans les ports italiens, le ministre de l'Intérieur se montre inflexible sur l'accueil. Il refuse tout débarquement et critique notamment l'UE.

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Matteo Salvini s'est engagé dans un bras de fer avec les autres pays européens mais aussi avec les magistrats et le président de la République. (photo: AFP/Andreas Solaro)

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Une semaine après le sauvetage de près de 200 migrants par le navire Diciotti, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, poursuit sans relâche son combat pour empêcher le débarquement des quelque 150 adultes encore à bord. «Personne ne débarquera en Italie sans mon autorisation», a réitéré jeudi matin, M. Salvini à la radio, assurant refuser que l'Italie ne devienne «un camp de réfugiés» pour le compte du reste de l'Europe.

Le navire Diciotti des garde-côtes italiens a secouru dans la nuit du 15 au 16 août 190 migrants. Treize d'entre eux ont été débarqués pour des raisons sanitaires sur l'île de Lampedusa, puis le navire a accosté lundi soir à Catane, en Sicile. Résolu à empêcher coûte que coûte le débarquement des 177 personnes restées à bord, Matteo Salvini a engagé depuis un bras de fer avec à peu près tout le monde: des magistrats au président de la République Sergio Mattarella, en passant par ses partenaires européens.

Critique des Européens

Dans ce bras de fer, il s'appuie sur les sondages favorables à son parti: la Ligue (extrême droite) est créditée d'environ 30% des intentions de vote, en hausse de plus de 10 points depuis les législatives de mars. Le procureur sicilien d'Agrigento a ouvert une enquête pour «séquestration de personnes», mais Matteo Salvini fait la sourde oreille. «Il y a une enquête en cours, on verra, moi j'ai les épaules larges, je pense avoir le consensus de la majorité des Italiens», avait-il indiqué.

«Sur la Diciotti il n'y a que des immigrés illégaux», a-t-il assuré jeudi, après le débarquement des 27 jeunes migrants, presque tous originaires d'Érythrée. «Soit l'Europe commence à défendre sérieusement ses frontières et partage l'accueil, soit nous commencerons à les ramener dans les ports d'où ils sont partis». Jeudi, Matteo Salvini a assuré qu'il n'était pas question d'autoriser des débarquements avant d'avoir obtenu des explications de la part des pays de l'UE ayant promis d'accueillir des migrants arrivés en Italie en juillet: «L'Allemagne avait promis d'en accueillir 50, elle en a pris 0. Le Portugal avait accepté d'accueillir 50, il en a pris 0. L'Espagne avait accepté d'accueillir 50, elle en a pris 0", a-t-il écrit sur Facebook».

(L'essentiel/afp)