Espagne

23 juillet 2019 16:36; Act: 24.07.2019 14:00 Print

Sanchez perd le 1er vote de confiance des députés

Le chef du gouvernement espagnol sortant a échoué à être reconduit au premier tour. Il lui faut désormais obtenir un accord de coalition avant jeudi.

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Pedro Sanchez a jusqu'à jeudi à la mi-journée, date du second tour où il suffit d'une majorité simple, pour parvenir à un accord sur un gouvernement de coalition.

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Les députés espagnols ont refusé mardi de reconduire le chef du gouvernement socialiste sortant Pedro Sanchez, qui a dorénavant deux jours pour obtenir le soutien de la gauche radicale dans de difficiles tractations. Pedro Sanchez a largement perdu le premier vote, n'obtenant que 124 «oui» à sa réélection, ceux de son groupe et d'un député régionaliste, alors qu'il lui fallait une majorité absolue de 176 voix.

170 députés ont voté contre lui et 52 se sont abstenus, dont ceux de la formation de gauche radicale Unidas Podemos, avec laquelle les socialistes sont engagés depuis vendredi, dans d'âpres négociations. Ils ont jusqu'à jeudi à la mi-journée, date du second tour où il suffit d'une majorité simple, pour parvenir à un accord sur un gouvernement de coalition. Le groupe Unidas Podemos changerait alors son abstention en «oui», débloquant l'investiture. Et l'Espagne irait vers son premier gouvernement de coalition de gauche depuis 1936, quand a éclaté la guerre civile.

Pessimisme

Mais le chemin vers la reconduction est semé d'embûches tant les rapports entre Pedro Sanchez et le chef d'Unidas Podemos, Pablo Iglesias, sont tendus. «La reconduction de Sanchez cette semaine est loin d'être évidente», écrit Antonio Barroso, du cabinet Teneo Intelligence, dans une note parue lundi soir. «Les socialistes vont continuer à se montrer intraitables, ce qui pourrait faire s'écrouler les négociations», prédit-il.

Pedro Sanchez a lui-même reconnu qu'il courait le risque de ne pas obtenir la confiance de la chambre. Car lundi, les échanges avec Pablo Iglesias, qui a accepté comme l'exigeait le socialiste de renoncer à entrer au gouvernement, ont tourné à l'échange de reproches et de menaces. Pablo Iglesias a même conclu son intervention en avertissant que sans accord de coalition, Pedro Sanchez ne serait «jamais président» du gouvernement.

«Ce qu'ils nous proposent dans ces négociations est un simple rôle de figuration au gouvernement», a déclaré mardi, à la radio l'élue d'Unidas Podemos Ione Belarra. La gauche radicale accuse les socialistes de lui avoir refusé tous les ministères régaliens et d'autres portefeuilles comme le Travail, les Finances, la Transition écologique ou l'Égalité. «Si nous mettons de côté les différences et les dénigrements peut-être pourrons-nous arriver à un accord», leur a répondu mardi Pedro Sanchez, mettant en avant les nombreuses propositions marquées à gauche qu'il a égrenées dans son discours de politique générale. S'ils échouent à trouver un accord, Pedro Sanchez aurait deux mois pour retenter sa chance, faute de quoi de nouvelles législatives, les quatrièmes en quatre ans, auraient lieu le 10 novembre.

(L'essentiel/afp)