Tradition en Belgique

25 août 2019 12:06; Act: 25.08.2019 12:14 Print

«Sauvage» a défilé en pleine polémique

Un personnage accusé de véhiculer des clichés racistes a défilé dimanche à Ath, en Belgique. Des associations demandaient à modifier l'événement traditionnel.

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Le personnage est jugé raciste par certains.

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Le «Sauvage», personnage de carnaval grimé en noir, des chaînes autour des poignets, censé faire peur aux enfants, a défilé dimanche à la ducasse d'Ath en Belgique, en pleine polémique avec un collectif l'accusant de véhiculer «racisme et négrophobie». Ce collectif antiraciste, baptisé Bruxelles Panthères, a lancé une pétition début août contre cette pratique, assimilée au «Black face» et dénoncée comme «un vestige de la mise en esclavage». Il a interpellé l'Unesco qui s'est mêlée à la controverse, dans un courriel envoyé vendredi à Bruxelles Panthères.

La ducasse d'Ath, en Wallonie, existe depuis le XVIe siècle et rassemble des dizaines de milliers de personnes le dernier week-end d'août, avec comme point d'orgue le cortège du dimanche dont le Sauvage est la vedette. La procession a été inscrite par l'Unesco en 2008 au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité, intégrée à «l’élément "Géants et dragons processionnels de Belgique et de France"», selon l'organisation onusienne basée à Paris. À ce titre, elle doit se conformer à des principes, écrit Ernesto Ottone R., sous-directeur général pour la Culture à l'Unesco.

Dans le courrier initial envoyé par Bruxelles Panthères, ce collectif d'une dizaine de militants actifs recensait plusieurs incidents ou agressions ayant visé récemment des Noirs en Belgique, notamment des chants racistes lors d'un festival de musique en août 2018. «Il est temps de réagir à la négrophobie sévissant en Belgique», écrivait son porte-parole, Mouhad Neghif. La pratique du «Black face» dans plusieurs carnavals ou célébrations folkloriques de Belgique (ancienne puissance coloniale au Congo) fait subir aux populations noires du pays «une injustifiable violence symbolique», selon lui. De leur côté la municipalité et les organisateurs de la ducasse d'Ath se sont dits ouverts au débat pour «faire évoluer» l'événement.

(L'essentiel/afp)