Diplomatie

07 septembre 2018 20:16; Act: 07.09.2018 20:19 Print

Serbie-​​Kosovo, un échange raté de territoires

Une réunion arrangée par l'UE entre les deux présidents des pays des Balkans a tourné court, vendredi à Bruxelles.

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«Tous se complique», a déclaré Hashim Thaçi au sortir de son entrevue avec Federica Mogherini.

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Les présidents de Serbie et du Kosovo ont refusé de se parler vendredi à Bruxelles, lors d'un entretien organisé par la diplomatie européenne. Ils auraient dû évoquer un éventuel échange de territoires censé favoriser l'adhésion des deux pays à l'UE. La réunion, organisée à l'initiative de la cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini, a tourné court quand le Kosovar Hashim Thaci et le Serbe Aleksandar Vucic se sont ignorés. Mme Mogherini les a rencontrés séparément pour tenter de sauver la rencontre, mais sans succès.

«Des difficultés persistent», a commenté la responsable européenne. Elle a promis une nouvelle tentative dans le courant du mois, disant avoir «confiance dans l'engagement total des deux présidents à poursuivre le processus et à parvenir dans les mois à venir à un accord légalement contraignant sur une normalisation complète des relations qui soit conforme avec le droit international».

«Tout se complique»

De son côté, Hashim Thaçi a prévenu que le chemin vers un accord de paix final avec la Serbie serait «difficile». «Ce qui devient très clair désormais, c'est que plus on avance, plus tout se complique», a-t-il ajouté devant des journalistes après son entrevue avec Mme Mogherini.

«Les différences sont très grandes, mais le chemin vers des relations de bon voisinage n'a pas d'alternative», a ajouté l'ancien chef rebelle, qui a aussi évoqué sur Facebook un «voyage difficile» mais «indispensable pour assurer à long terme la paix dans les Balkans occidentaux».

Risque de déstabilisation

L'idée de redessiner la frontière a été émise durant l'été à la fois par Belgrade et Pristina. Il s'agirait d'échanger les territoires kosovars à majorité serbe au nord de Mitrovica contre la vallée de Presevo, à majorité albanaise, située dans le sud de la Serbie. Cet arrangement, qui serait le prélude à une normalisation des relations entre les deux pays, se heurte cependant à des résistances dans les deux camps. L'Allemagne et la Grande-Bretagne ont toutefois dit leur hostilité, y voyant un risque de déstabilisation pour toute la région.

L'Union européenne et les Etats-Unis promettent quant à eux de respecter un tel accord à condition qu'il soit conforme au droit international. Le Kosovo, ancienne province serbe dont la population de 1,8 million d'habitants est majoritairement d'origine albanaise, a proclamé son indépendance en 2008. Il est désormais reconnu par une centaine d’États, mais ni par la Serbie, ni par la Russie, ni par cinq pays membres de l'UE.

(L'essentiel/nxp/ats)