Jean-Claude Juncker

11 juin 2013 13:15; Act: 11.06.2013 13:45 Print

Sur la Grèce, «nous avons commis des erreurs»

Le Premier ministre luxembourgeois a expliqué ce mardi qu'il repartait «optimiste de Grèce». Il est longuement revenu sur le chômage des jeunes qui gangrène l'Europe et tout particulièrement la Grèce.

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Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a demandé mardi à Athènes que l'Europe alloue à la Grèce «une bonne partie» des six milliards d'euros destinés par l'UE à lutter contre le chômage des jeunes entre 2014 et 2020 et s'est déclaré prêt à aider le pays à lutter contre l'évasion fiscale. «Je repars optimiste de Grèce, mais il reste l'énorme problème du chômage, notamment des jeunes, un problème sous-estimé dans la partie nord de l'Europe», a déclaré M. Juncker, à la sortie d'un entretien avec son homologue grec Antonis Samaras.

«On n'a pas accompli notre devoir tant que 60% des jeunes sont au chômage, je voudrais que les 6 milliards d'euros destinés à lutter entre 2014 et 2020 contre le chômage des jeunes soient avancés à 2014/2015 et qu'une bonne partie soit allouée à la Grèce», a dit M. Juncker, qui effectue une visite de travail à Athènes, depuis lundi.

«L'évasion fiscale est un problème grec»

Il a, à cet égard, demandé à la Commission européenne de prendre «comme année de référence» pour le calcul des sommes allouées pays par pays «non pas l'année 2010, qui ne fait pas de sens, mais l'année où le chômage de masse a pris son envolée». La Grèce est l'un des pays de la zone d'euro, le plus touché par le chômage, qui atteint près de 27%, affectant surtout les jeunes à près de 60%.

Le Premier ministre luxembourgeois a également indiqué que les ministres des Finances de la zone euro étaient en train de voir comment élargir d'ici la fin de l'année la base d'assiette sur la fiscalité de l'épargne, ce qui permettra de lutter plus efficacement contre la fraude et l'évasion fiscales, problème endémique en Grèce. «L'évasion fiscale est un problème grec, mais les autres pays doivent s'inscrire dans le même élan de volonté» pour la faire reculer, a-t-il dit.

«Nous avons commis des erreurs»

Revenant sur les critiques du FMI à l'égard de l'UE sur la gestion du dossier grec, M. Juncker, ex-chef de file de la zone euro au moment où la Grèce a recouru au mécanisme de sauvetage UE-FMI en 2010, a dit à la presse qu'il avait pour habitude de «ne jamais critiquer ceux qui ont fait des progrès en matière d'autocritique». «Nous avons commis des erreurs, qui n'en n'aurait pas commis confronté à la situation qui était celle de la Grèce (NDLR: en 2010), (...) l'essentiel est que nous avons réussi à éviter que la Grèce sorte du territoire de la zone euro, le résultat est là», a-t-il souligné.

M. Samaras a pour sa part déclaré qu'il n'était «pas tombé des nues» lors des critiques émises la semaine dernière par le FMI au sujet des conditions du premier plan d'aide à la Grèce. «J'avais dit (à l'époque) que c'était la mauvaise recette, aujourd'hui nous sommes en train d'améliorer les choses, les taux sont tombés à la moitié de ce qu'ils étaient en 2010 (...) nous voyons la lumière devant nous», a-t-il souligné.

(L'essentiel Online/AFP)