Espagne

07 mai 2013 17:07; Act: 07.05.2013 17:20 Print

Suspension de la mise en examen de la fille du roi

La justice espagnole a suspendu mardi la mise en examen de l'infante Cristina, qui était soupçonnée d'avoir coopéré avec son époux, Iñaki Urdangarin, poursuivi dans une affaire de corruption.

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L'infante Cristina, âgée de 47 ans, avait été mise en examen le 3 avril par le juge José Castro, du tribunal de Palma, qui la soupçonnait de trafic d'influence. (AFP)

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Le tribunal de Palma de Majorque, aux Baléares, a annoncé qu'il «suspendait pour le moment» cette mise en examen ainsi que l'audition de l'infante, suite à un recours déposé par le Parquet anticorruption qui avait estimé «inexistants» les indices contre Cristina. Dans son arrêt, le tribunal décide de laisser «sans effet la convocation de l'infante à comparaître en qualité de mise en examen pour les faits que lui attribue la décision de justice ayant fait l'objet d'un appel, en lien avec sa participation aux activités présumées délictueuses de l'institut Noos».

Le tribunal explique avoir «suspendu, pour le moment, la mise en examen». Mais, ajoute l'arrêt, une éventuelle mise en examen pourrait être décidée, au vu de la poursuite de l'enquête, sur un «possible délit de fraude fiscale et/ou pour blanchiment d'argent».

Grave crise de la monarchie

L'infante Cristina, âgée de 47 ans, avait été mise en examen le 3 avril par le juge José Castro, du tribunal de Palma, qui la soupçonnait de trafic d'influence dans l'enquête sur le détournement de six millions d'euros d'argent public visant principalement Iñaki Urdangarin. Ce dernier, un ancien champion olympique de handball reconverti en homme d'affaires, présidait entre 2004 et 2006 l'institut Noos, une société de mécénat qui passait des contrats avec les autorités régionales pour l'organisation ou la promotion de congrès liés au sport, et par laquelle auraient transité les sommes détournées. L'infante était elle aussi, jusqu'en 2006, membre de la direction de l'institut. Le juge Castro la soupçonnait d'avoir alors pu «consentir à ce que son lien de parenté avec le roi Juan Carlos soit utilisé par son mari» et par l'ex-associé de ce dernier, Diego Torres, également poursuivi.

L'annonce de la mise en examen de Cristina, la seconde fille du roi, après les poursuites engagées depuis la fin 2011 contre son époux, a plongé la monarchie espagnole dans sa plus grave crise depuis le retour de l'Espagne à la démocratie après la fin de la dictature franquiste, en novembre 1975. Cette crise a relancé les interrogations sur une éventuelle abdication du roi Juan Carlos, âgé de 75 ans et qui multiplie les ennuis de santé, au profit de son fils, le prince héritier Felipe.

(L'essentiel Online/AFP)