Belgique

31 janvier 2020 10:22; Act: 31.01.2020 12:11 Print

Trois médecins jugés pour une «euthanasie hâtive»

La sœur d'une femme qui avait sollicité les médecins pour mettre fin à ses jours les poursuivait pour avoir décidé trop hâtivement de satisfaire sa demande.

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L'enquête n'a pas permis de déterminer si des infractions ont été commises dans le cadre de l'euthanasie. (photo: Keystone)

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Trois médecins belges qui comparaissaient devant la cour d'assises de Gand (nord-ouest de la Belgique) pour une euthanasie non conforme à la loi, ont été acquittés dans la nuit de jeudi à vendredi, ont rapporté les médias belges. Dans ce procès inédit en Belgique depuis la dépénalisation de l'euthanasie en 2002, le jury n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général. Ce dernier avait réclamé mercredi un seul acquittement et estimé que deux des professionnels poursuivis, le médecin exécutant et une psychiatre ayant approuvé l'acte, devaient être reconnus coupables.

Les avocats de la défense avaient en revanche exigé que les trois médecins soient acquittés, jugeant que ce procès n'aurait jamais dû avoir lieu. Le verdict a été rendu vers 1h vendredi après sept heures de délibérations, selon l'agence de presse Belga.

Une décision «trop hâtive»

Fin 2009-début 2010, une Belge de 38 ans, Tine Nys, avait souhaité mourir en raison de ses lourdes souffrances psychiques. Elle avait connu pendant une vingtaine d'années de fréquents états dépressifs et fait plusieurs tentatives de suicide.

L'acte avait été exécuté le 27 avril 2010 à son domicile en présence de ses proches. Une psychiatre et le médecin de famille avaient donné leur feu vert au médecin choisi par Tine pour exécuter l'injection mortelle. Mais en 2011, une de ses sœurs avait porté plainte en reprochant aux médecins d'avoir décidé trop hâtivement de satisfaire sa demande.

«Sa signature a été utilisée abusivement»

Jugés pour «empoisonnement» dans ce procès d'assises entamé à la mi-janvier, les trois accusés risquaient en théorie la réclusion criminelle à perpétuité. En définitive, l'enquête effectuée «ne permet pas de déterminer avec certitude» si des infractions ont été commises par le médecin exécutant dans le cadre de l'euthanasie de Tine Nys, a tranché le jury dans les motivations, selon Belga. Concernant la psychiatre, «aucune faute ou méfait ne peut lui être reproché».

Pour le médecin de famille, dont le consentement avait été sollicité en dernier par Tine Nys, «sa signature a été utilisée abusivement», avait dit mercredi l'avocat général en demandant son acquittement, tout comme l'avocat de la famille Nys.

(L'essentiel/afp)