Polémique

19 juillet 2019 18:25; Act: 19.07.2019 18:29 Print

Tweets racistes: Merkel fait la leçon à Trump

Sortant de son habituelle retenue, la chancelière allemande a fermement condamné les attaques du président américain contre des élues démocrates.

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«Je suis solidaire des femmes attaquées», a déclaré la chancelière allemande.

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La chancelière allemande a jugé vendredi avec une rare véhémence que Donald Trump avait porté atteinte à «la grandeur de l'Amérique». Elle a condamné ses propos attaquant des élues démocrates issues de l'immigration. «Je veux fermement me distancier (de ces attaques) et je suis solidaire des femmes attaquées», a insisté lors de sa traditionnelle conférence de presse estivale Angela Merkel. La chancelière entretient déjà des relations difficiles avec le président américain.

Elle a relevé que ce qui faisait la force des États-Unis, c'est justement «que des gens de différentes nationalités constituent le peuple américain». Dès lors, les attaques de Trump contre quatre élues démocrates sont «quelque chose qui va à l'encontre de la grandeur de l'Amérique», un clin d'œil au slogan du président américain «Make America great again» («Rendre sa grandeur à l'Amérique»).

La force des déclarations de la chancelière allemande tranche aussi avec sa retenue habituelle quant aux questions de politique intérieure dans d'autres pays. Mais le sujet du racisme est extrêmement sensible en Allemagne, qui se pose en modèle de tolérance du fait de son passé nazi, et, interrogée sur le sujet, Mme Merkel se devait de prendre position d'autant que d'autres dirigeants européens l'ont fait cette semaine.

Leader du monde libre

Par ailleurs, Donald Trump, avant même sa prise de fonctions à la Maison-Blanche et à maintes reprises depuis, s'en est pris sans retenue à l'Allemagne et à Mme Merkel, notamment sur sa police migratoire généreuse, son excédent commercial ou encore ses dépenses militaires jugées insuffisantes. La dirigeante allemande avait, elle, averti M. Trump, juste après son élection, qu'il se devait de défendre les valeurs démocratiques occidentales. Cette sortie lui avait valu d'être surnommée «leader du monde libre» dans une partie de la presse américaine.

Les critiques, vendredi, de Mme Merkel s'ajoutent à celles de nombreux responsables américains mais aussi de dirigeants étrangers, outrés de la manière dont Trump a appelé des élues au Congrès, issues de l'immigration, à retourner dans leur pays d'origine, au motif qu'elles «haïssent» les États-Unis et «se plaignent constamment», selon lui.

Soutien de la Russie, «un motif d'inquiétude»

Angela Merkel a également exprimé son «inquiétude» face au soutien de Moscou aux partis populistes, alors qu'une polémique fait rage en Italie sur un financement présumé par la Russie du parti d'extrême droite au pouvoir. «Nous avons régulièrement vu que des partis orientés à droite, des partis populistes ont reçu, sous une forme ou sous une autre, un grand soutien de la Russie, et c'est un motif d'inquiétude», a déclaré la chancelière.

Mme Merkel n'a toutefois pas voulu s'exprimer directement sur les soupçons qui pèsent sur la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite). «J'en ai entendu parler, mais il appartient à l'Italie» de faire la lumière sur cette affaire, a-t-elle dit. «Cela soulève bien sûr des questions en ce qui concerne les pratiques en général de la Russie», a-t-elle toutefois ajouté.

Le site américain d'information BuzzFeed a affirmé il y a une semaine détenir «un enregistrement audio explosif dans lequel un proche collaborateur» de Matteo Salvini «et cinq autres hommes peuvent être entendus en train de négocier un accord sur comment dérouter de manière cachée des dizaines de millions de dollars provenant du pétrole russe» vers la Ligue. M. Salvini a fermement démenti tout financement de son mouvement par Moscou.

(L'essentiel/nxp/ats)