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21 septembre 2021 09:57; Act: 21.09.2021 09:57 Print

Un espoir contre les cancers de la prostate et du sein

De récentes données laissent penser qu'il est possible de prolonger la vie de certains patients atteints par des formes avancées de ces deux cancers.

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Le taux de survie peut s'améliorer grâce à de nouveaux médicaments. (photo: AFP)

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Ce sont deux espoirs dans le traitement des formes avancées de cancers particulièrement fréquents: ceux de la prostate et du sein. De récentes données laissent penser qu'il est possible de prolonger la vie de certains patients. Elles ont été présentées lors du congrès annuel de la Société européenne d'oncologie médicale (Esmo), l'un des grands rendez-vous mondiaux de la recherche contre le cancer, qui s'achève ce mardi.

Ces résultats donnent des pistes pour prolonger la survie des patients atteints de formes avancées de deux cancers parmi les plus fréquents respectivement chez l'homme et la femme: celui de la prostate et celui du sein. Les deux laissent de larges chances de survie s'ils sont diagnostiqués à un stade précoce, mais celles-ci diminuent considérablement lorsque des métastases se sont développées.

Avant 2015, moins de la moitié des hommes atteints d'un cancer de la prostate avec de nombreuses métastases pouvaient espérer vivre plus de trois ans, rappelle dans un communiqué de l'Esmo l'oncologue Karim Fizazi. Désormais, «ils peuvent compter vivre plus de cinq ans», assure M. Fizazi, se basant sur une étude qu'il a présentée au congrès et qui a été publiée dans la revue de l'Esmo.

Un taux de survie supérieur

Qu'est-ce qui a changé ? Jusqu'en 2015, on ne traitait essentiellement les cancers avancés de la prostate que d'une manière: en bloquant la production d'hormones comme la testostérone chez le patient. Puis un traitement par chimiothérapie, le docetaxel, a fait ses preuves et a commencé à être utilisé au milieu des années 2010. Peu après, un autre médicament est encore venu s'ajouter à l'arsenal. L'abiratérone a enregistré de bons résultats en jouant comme les premiers traitements sur les hormones mais de manière différente.

Cela faisait trois pistes. Mais comment les articuler? Jusqu'à maintenant, la règle était d'en choisir deux: soit ajouter la chimiothérapie aux traitements traditionnels, soit y adjoindre l'abiratérone. Finalement, on peut aller plus loin en jouant sur tous les tableaux, selon l'étude présentée par M. Fizazi. Après cinq ans, les patients traités avec les trois types de traitement ont un taux de survie bien supérieur à ceux qui n'ont pas reçu d'abiratérone.

Pour les auteurs de l'étude, la conclusion est claire: il faut changer la manière dont on soigne les cancers les plus graves de la prostate, avec une combinaison des trois traitements. Ils ne sont pas seuls à le penser: «Ces résultats vont changer les normes de prise en charge», a estimé Maria De Santis, une oncologue extérieure à l'étude, dans un article publié par l'Esmo.

Une efficacité sujette à caution

Cela pourrait se produire vite, souligne-t-elle, car les traitements concernés sont tous facilement accessibles. Il suffit de les articuler d'une manière nouvelle. Pour le cancer du sein, ce n'est pas une nouvelle combinaison de médicaments qui fait l'objet d'un fort intérêt, mais de nouvelles données sur l'efficacité d'un traitement en particulier: le ribociclib, développé par le suisse Novartis.

Là encore, ce sont des patientes à un stade avancé de la maladie qui sont concernées. Il s'agit plus spécifiquement de femmes ménopausées atteinte de cancers dits HR+/HR2-, qui comptent pour moitié des formes avec métastases. Le ribociclib fait partie d'une catégorie de traitements qui cherchent à limiter l'action d'une protéine favorisant le développement de tumeurs dans le sein. Ces médicaments ne sont pas donnés seuls mais avec d'autres traitements qui freinent la production d’œstrogènes.

Mais leur efficacité reste sujette à caution. La principale molécule de cette catégorie, le palbociclib de l'américain Pfizer, n'a pas prouvé qu'elle prolongeait la vie des patientes, lors de ses essais cliniques. Or, les patientes ayant reçu du ribociclib ont généralement survécu plus longtemps que celles à qui on a donné un placebo, selon une étude dirigée par l'oncologue Gabriel Hortobagyi et financée par Novartis.

La moitié des premières ont survécu plus de cinq ans, alors que le chiffre tombe à 4,3 ans chez la moitié de celles qui ont reçu un placebo. Même si ces données doivent être prises avec précaution, en attendant que l'étude fasse l'objet d'une publication revue de manière indépendante, elles ont largement été saluées lors du congrès. Il y a «encore beaucoup de travail pour pouvoir guérir ces patientes mais c'est un résultat très important», a jugé sur Twitter l'oncologue Matteo Lambertini, qui n'a pas participé à l'étude.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Electron le 21.09.2021 13:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Taux de survie de 2 ans en plus...et dans quelles conditions ?

  • @Cool le 21.09.2021 15:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Big Pharma: Un patient guéri est un client perdu. ;)

  • L'église au milieu du village le 21.09.2021 17:46 Report dénoncer ce commentaire

    Il est largement temps de reparler et de se concentrer enfin sur la première cause de mortalité : le cancer. Deuxième cause de mortalité : les maladies et accidents cardiaques.

Les derniers commentaires

  • L'église au milieu du village le 21.09.2021 17:46 Report dénoncer ce commentaire

    Il est largement temps de reparler et de se concentrer enfin sur la première cause de mortalité : le cancer. Deuxième cause de mortalité : les maladies et accidents cardiaques.

  • @Cool le 21.09.2021 15:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Big Pharma: Un patient guéri est un client perdu. ;)

  • Electron le 21.09.2021 13:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Taux de survie de 2 ans en plus...et dans quelles conditions ?

  • Résident de la nature le 21.09.2021 10:36 Report dénoncer ce commentaire

    C'est très bien. De mon côté, je connais plusieurs personnes, hommes comme femmes, ayant été atteint du cancer de la prostate et du sein, respectivement, et ils sont maintenant en très bonne santé voilà plus de 15 ans, et ca ne devrait pas diminuer leur espérance de vie sur le plus long terme.

    • christ laon le 21.09.2021 12:10 Report dénoncer ce commentaire

      Oui biensur mais la on part de cancer au stade 4