Mostra de Venise

07 septembre 2014 11:04; Act: 08.09.2014 09:42 Print

Un film extraterrestre remporte le Lion d'or

Le long métrage suédois «Un pigeon assis sur une branche, réfléchissant sur l'existence» de Roy Andersson, a remporté samedi, le Lion d'or à la Mostra de Venise.

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S'il ne figurait pas parmi les favoris de la Mostra, le film de Roy Andersson avait toutefois retenu l'attention de certains critiques. (photo: AFP)

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Dans une sélection marquée par les guerres, les crises et autres calamités du monde, reflets de notre époque, le film de Roy Andersson apparaît comme une œuvre à part. «Nous avons choisi des œuvres au geste artistique fort dont les dimensions humaniste et politique nous ont touchés», a déclaré le président du jury, le compositeur français Alexandre Desplat, en présentant le palmarès sur la scène du mythique Palais du cinéma. Succession rapide de sketchs humoristiques, le film de Roy Andersson tente une réflexion sur l'absurdité et le sens de la vie à travers les yeux d'un vendeur d'articles de fantaisie et son ami atteint de légers troubles psychologiques.

«C'est un grand honneur de recevoir ce prix et particulièrement ici, en Italie, pays qui a donné tant de chefs-d'oeuvres au cinéma», a déclaré Roy Andersson en recevant son trophée sur la scène du Palais du cinéma au Lido. Le cinéaste a retenu un film parmi ces chefs-d’œuvre, «Le voleur de bicyclettes», de Vittorio De Sica (1948), et dans ce film, une scène, «celle du mari de ce couple dans le besoin qui est obligé de porter son vélo au Mont de Piété et qui se rend compte que beaucoup de pauvres comme lui y apportent leur vélo». «C'est une scène pleine d'empathie (...) On devrait suivre l'exemple de De Sica», a conclu Roy Andersson, cinéaste au style très personnel basé sur la comédie et l'absurde.

S'il ne figurait pas parmi les favoris de la Mostra, le film de Roy Andersson avait toutefois retenu l'attention de certains critiques qui avaient souligné son écriture très particulière. Favori de la première heure pour la victoire finale, en revanche, «The look of silence» de l'Américain Joshua Oppenheimer, qui revient sur la sanglante épuration anticommuniste de 1965 en Indonésie, repart avec le Grand Prix du Jury. Dans ce poignant documentaire, le réalisateur suit une famille rescapée et plus particulièrement le dernier né, Adi Rukun, âgé de 44 ans au moment du tournage et qui décide d'enquêter sur la mort de son frère aîné, mort en 1965, soit trois ans avant sa naissance.

(L'essentiel/AFP)