Élections au Bélarus

10 août 2020 09:50; Act: 10.08.2020 12:15 Print

Un mort et des dizaines de blessés à Minsk

Des manifestations pour protester contre le résultat de l'élection présidentielle au Bélarus ont dégénéré, dimanche. 3 000 personnes ont été arrêtées.

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Un homme est mort et des dizaines d'autres personnes ont été blessées à Minsk lors de protestations dimanche soir contre les résultats de l'élection présidentielle au Bélarus, selon l'ONG Viasna de défense des droits humains. En outre, au moins 3 000 personnes ont été arrêtées.

«Un jeune homme a subi un traumatisme crânien mortel après avoir été heurté par un véhicule» des forces de l'ordre lors de manifestations dans le centre de la capitale, a indiqué lundi l'ONG Viasna dans un communiqué, précisant que des «dizaines» de personnes blessées lors des heurts se trouvaient actuellement dans des hôpitaux de Minsk. Des milliers de Bélarusses étaient descendus dans les rues du pays peu après la publication d'un sondage officiel donnant le président sortant largement vainqueur.

L'ONG faisait aussi fait état d'au moins 300 arrestations dimanche à travers le pays, dont un minimum de 152 pendant les manifestations nocturnes à Minsk, où des foules réunies en plusieurs endroits ont été dispersées violemment par les forces anti-émeutes, usant notamment de «munitions spécialisées» comme des grenades sonores. Le gouvernement biélorusse, quant à lui, évoque 3 000 interpellations.

Ordre constitutionnel

Ales Bialiatski, qui dirige l'ONG Viasna, a dénoncé auprès de l'AFP une utilisation «disproportionnée» de la force par la police. «Nous n'avons pas de morts», s'est borné à commenter auprès de l'AFP une porte-parole du ministère de l'Intérieur, Olga Tchemodanova. Ailleurs dans le pays, des manifestations nocturnes ont aussi eu lieu, notamment à Brest, Pinsk, Gomel ou Grodno, selon des médias antigouvernementaux, comme Nexta, Nacha Niva ou Tut.by.

Les communications étaient très perturbées au Bélarus, l'internet y étant extrêmement ralenti voire coupé. Des médias d'opposition ont dénoncé une mesure délibérée du pouvoir. Ivan Noskevitch, le chef du Comité d'enquête, puissant organe d'investigation, a prévenu lundi que «les forces de l'ordre prendront toutes les mesures possibles pour défendre l'ordre constitutionnel du pays», selon l'agence officielle Belta.

Il a annoncé l'ouverture d'enquêtes pour l'organisation d’émeutes et de violences à l'égard de la police. «Beaucoup de suspects et de détenus étaient en état d'ébriété», a-t-il affirmé. Alexandre Loukachenko, qui avait juré qu'il n'y aurait ni «perte de contrôle», ni «chaos» dans le pays dimanche, n'avait pas réagi lundi aux événements de la veille.

(L'essentiel/afp)