Crise migratoire

20 août 2019 17:49; Act: 20.08.2019 17:58 Print

Un navire militaire pour aider l'Open Arms

Les autorités espagnoles ont dépêché un bâtiment de l'armée pour prendre en charge les migrants bloqués à bord du bateau de l'ONG.

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Madrid a annoncé l'envoi mardi d'un navire militaire à Lampedusa pour récupérer les migrants à bord de l'Open Arms, et les emmener jusqu'aux Baléares. (photo: Keystone/Salvatore Cavalli)

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Le gouvernement espagnol a annoncé mardi qu'il envoyait un bateau militaire récupérer les migrants secourus par l'ONG Open Arms. Le navire humanitaire est actuellement stationné près de l'île italienne de Lampedusa, où ses occupants ont interdiction de débarquer.

Le navire Audaz «partira cet après-midi à 17h» de la base de Rota, dans le sud du pays. Il «naviguera pendant trois jours jusqu'à Lampedusa, où il prendra en charge les personnes recueillies par l'Open Arms» et les transportera jusqu'au port de Palma de Majorque, dans les Baléares, a indiqué le gouvernement dans un communiqué. Cette solution «permettra de résoudre cette semaine l'urgence humanitaire vécue à bord de l'Open Arms», a ajouté le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez.

«Hors de contrôle»

Dans un geste désespéré, quinze migrants, certains sans gilets de sauvetage, se sont jetés à la mer mardi pour tenter de rejoindre Lampedusa à la nage. Selon une porte-parole de l'ONG, ils ont été «secourus» par les garde-côtes italiens et amenés sur l'île. «La situation est hors de contrôle», a indiqué sur Twitter Proactiva Open Arms, dont le bateau abrite désormais un peu moins d'une centaine de migrants, alors que plusieurs dizaines de mineurs ou de malades ont déjà dû être évacués.

Certains de ces migrants sont à bord de l'Open Arms depuis 19 jours, égalant ainsi le record des migrants secourus par le SeaWatch 3 fin décembre avant leur débarquement à Malte le 9 janvier.

Propositions balayées

Face au refus de Rome de les laisser débarquer, Madrid avait fini par proposer dimanche au bateau de rejoindre Algésiras, dans l'extrême sud de l'Espagne, puis les Baléares, plus proches mais toujours distantes d'un millier de kilomètres de Lampedusa.

Proactiva Open Arms avait balayé ces deux propositions en raison des jours de mer nécessaires pour rallier ces différents ports avant que Madrid ne propose finalement de venir prendre en charge directement les migrants à Lampedusa. Dans un entretien publié mardi par El Pais, le fondateur d'Open Arms, Oscar Camps, avait, lui, demandé à ce que les migrants puissent débarquer à Lampedusa avant d'être transférés en avion.

Le sort des migrants de l'Open Arms a tourné à la passe d'armes entre Madrid et le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, accusé de vouloir tirer profit politiquement de cette affaire en pleine crise politique à Rome. Conspuant une nouvelle fois le chef de la Ligue (extrême droite), dont elle avait taxé lundi la position de «honte pour l'humanité», la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a jugé mardi que «les vies humaines ne lui importaient pas». «Face à l'urgence humanitaire, personne ne peut détourner le regard. Nous n'allons pas le faire, contrairement à Salvini», a-t-elle encore asséné.

(L'essentiel/afp)