Asselborn sur l'Europe

19 octobre 2021 13:28; Act: 19.10.2021 14:04 Print

Un risque de se retrouver «dans les années 30»

LUXEMBOURG - «L'Europe ne survivra pas si l'État de droit tombe. C'est clair», a averti mardi le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois en évoquant la Pologne.

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L'Union européenne doit actionner la conditionnalité des financements européens contre la Pologne pour sauver l'État de droit, sinon «l'Europe ne survivra pas», a affirmé mardi, Jean Asselborn, le chef de la diplomatie du Luxembourg. (photo: AFP)

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L'Union européenne doit actionner la conditionnalité des financements européens contre la Pologne pour sauver l'État de droit, sinon «l'Europe ne survivra pas», a affirmé mardi, Jean Asselborn, le chef de la diplomatie du Luxembourg, un État fondateur de l'Union. «On ne peut pas débloquer l'argent des contribuables européens pour un pays qui ne respecte pas l'État de droit», a-t-il déclaré à l'AFP, avant une réunion avec ses homologues pour préparer le sommet européen de jeudi et vendredi.

«Je ne m'en réjouis pas, mais il faut actionner le levier de la conditionnalité pour toutes les finances européennes», a-t-il ajouté. La Cour de justice européenne, saisie par la Hongrie et la Pologne, qui conteste un nouveau mécanisme liant le respect de l'État de droit au versement des fonds européens, doit rendre sa décision dans les prochains mois. «Si ce qu'on a décidé concernant la conditionnalité avec l'État de droit est compatible avec les traités, alors on y va», a lancé Jean Asselborn.

«Sauver l'Europe avec de l'argent, c'est fou»

En outre, la Commission européenne a gelé l'approbation du plan de relance de 36 milliards d'euros de la Pologne, car il ne remplit pas tous les critères fixés, notamment sur l'indépendance des juges. Elle a également gelé celui de la Hongrie, en raison d'une lutte jugée insuffisante contre la corruption. «Je n'aurais jamais imaginé me retrouver dans une situation où il faut sauver l'Europe avec de l'argent, avec des finances. C'est fou», a déploré Jean Asselborn, en fonction depuis 17 ans.

Mais «l'Europe ne survivra pas si l'état de droit tombe. C'est clair», a-t-il averti. «Nos valeurs, le respect des minorités. Si on détruit tout cela, on se retrouvera à nouveau là où on était dans les années 30», a-t-il ajouté. «Aucun État membre n'est indispensable», a-t-il souligné, dans une référence à l'article 50 déclenché par le Royaume Uni pour quitter l'UE. «Mais le peuple polonais n'acceptera pas un gouvernement qui fera sortir la Pologne de l'UE», a-t-il estimé.

(L'essentiel/afp)