Corruption

25 juillet 2021 15:31; Act: 25.07.2021 16:02 Print

Un sulfureux procès s’annonce pour le Vatican

Sur le banc des accusés figure le cardinal déchu Angelo Becciu, ex-proche du pape. Au cœur de ce procès, qui s’ouvre mardi, l’achat opaque d’un immeuble à Londres par le Saint-Siège.

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L’influent prélat Angelo Becciu était en 2014 ministre de l’Intérieur en contact constant avec le pape François. Il est soupçonné «d’interférences» plus tardives en 2020 dans le dossier. (photo: AFP)

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Un procès, qui s’ouvre mardi au Vatican autour de l’achat opaque d’un immeuble londonien par le Saint-Siège, s’annonce délicat pour l’image du gouvernement de l’Église, au mieux escroqué par des hommes d’affaires, au pire frappé de corruption interne jusqu’au sommet. Sur le banc des accusés, le cardinal déchu Angelo Becciu, ex-proche conseiller du pape, devrait voler la vedette médiatique de ce procès qui durera des mois, le minuscule tribunal pénal du Vatican ayant l’art d’espacer ses audiences.

La première date prévue mardi sera d’ordre technique, centrée autour d’un acte d’accusation complexe de 500 pages, fruit de deux ans d’enquête. Parmi les dix inculpés, la moitié était au service du pape François au cours de l’achat en deux temps d’un immeuble de 17 000 m2 dans le chic quartier londonien de Chelsea, dont le pape rêve désormais de se séparer au plus vite.

Montages financiers

L’acquisition de l’immeuble à un prix surévalué - via des montages financiers hautement spéculatifs et deux hommes d’affaires vivant à Londres - a «généré des pertes substantielles pour les finances du Vatican et puisé jusque dans les ressources destinées à l’action caritative personnelle du Saint-Père», a déploré le Saint-Siège avant le coup d’envoi du procès.

Le coup est rude pour le pape François, pourfendeur acharné de la corruption et de la spéculation financière mondiale, qui a accéléré ces derniers mois les réformes financières internes.

Pertes boursières

En 2013-2014, la Secrétairie d’État emprunte 200 millions de dollars essentiellement au Credit Suisse pour investir dans le fonds luxembourgeois Athena d’un homme d’affaires italo-suisse vivant à Londres, Raffaele Mincione. La moitié de la somme vise à s’emparer d’une partie de l’immeuble londonien, l’autre à réaliser des placements boursiers. Raffaele Mincione utilise l’argent de l’Église pour «des opérations spéculatives», comme le rachat de banques italiennes en difficulté. Le Saint-Siège, qui essuie des pertes et n’a aucun contrôle sur la nature des investissements, décidera quatre ans plus tard, fin 2018, de mettre fin à cette alliance.

Un nouvel intermédiaire, Gianluigi Torzi, est choisi pour négocier avec Raffaele Mincione, qui va obtenir 40 millions de livres sterling du Saint-Siège pour que ce dernier devienne propriétaire à 100%. Reste que Torzi s’adjugera ensuite le contrôle du bien (grâce à des actions avec droits de vote) à la barbe du Vatican et ira même jusqu’à extorquer 15 millions d’euros à la Secrétairie d’État (théoriquement propriétaire légitime) en négociant son départ, selon l’acte d’accusation.

Les magistrats ont identifié deux personnages centraux qui ont aidé Mincione et Torzi à s’introduire dans la bergerie du Vatican, en échange de pots de vin. Il s’agit d’Enrico Crasso, un financier de nationalité suisse, ex-Credit Suisse, qui a été pendant des années un consultant de la Secrétairie d’État, et de Fabrizio Tirabassi, un fonctionnaire de la Secrétairie d’État qui s’occupait d’investissements (et touchait aussi des commissions de banques suisses selon des témoignages). L’influent prélat Angelo Becciu était encore en 2014 «Substitut de la Secrétairie d’État», l’équivalent d’un ministre de l’Intérieur en contact constant avec le pape François. Il est soupçonné notamment «d’interférences» plus tardives en 2020 dans le dossier. Son ancien assistant, le père Mauro Carlino, est également dans le collimateur.

Un Suisse parmi les prévenus

C’est la jadis sulfureuse «banque du pape» (IOR) qui avait sonné l’alarme en interne à l’été 2019, pointant du doigt son propre contrôleur, le gendarme financier du Vatican (AIF) censé traquer toutes les transactions suspectes au Vatican. L’ancien président de cette autorité, le Suisse René Brülhart, et son ex-directeur, l’Italien Tommaso Di Ruzza, font partie des prévenus. La grande question sera de savoir si l’affaire éclaboussera aussi d’autres personnalités de la hiérarchie de l’Église. La Secrétairie d’État a annoncé qu’elle se portera partie civile. À sa tête, le cardinal Pietro Parolin, bras droit du pape François, mal informé des détails de la transaction selon les magistrats, sera-t-il néanmoins appelé à la barre comme témoin?

Un personnage féminin - sans lien avec l’achat londonien - ajoutera du sel au procès: Cecilia Marogna, déjà affublée du sobriquet de «dame du cardinal Becciu» par la presse, même si elle jure ne pas être sa maîtresse. Affirmant faire des activités de renseignement pour faire libérer des religieux enlevés, elle a reçu 575 000 euros sur le compte de sa société slovène sur recommandation du cardinal.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • C'est pas moi qui le dit... le 25.07.2021 18:04 Report dénoncer ce commentaire

    Pour une fois ce n'est pas une histoire sordide avec des enfants ou des jeunes prêtres....

  • Jean luc moustache le 25.07.2021 17:33 Report dénoncer ce commentaire

    Une question : un achat d'un immeuble pour faire quoi ? subvenir aux besoins à leurs besoins ? Lequels ........

  • JP L le 25.07.2021 17:39 Report dénoncer ce commentaire

    Becciu n'a quitté le poste de substitut de la secrétairerie d’État qu'en juin 2018 pour devenir 2 mois après préfet de la congrégation pour la cause des saints. Et “radié” du cardinalat en septembre 2020.

Les derniers commentaires

  • momolux le 27.07.2021 13:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Des mafieux ...

  • Libérez-vous ! le 26.07.2021 15:43 Report dénoncer ce commentaire

    Et dire qu'il y a encore des brebis pour cette arnaque.

  • SaxoVTS le 26.07.2021 09:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C’est une honte….vraiment une honte… après on nous demande d’aller à la messe? ???? trouvez l’intrus…

  • Trop souvent censuré par L'Essentiel le 25.07.2021 19:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    "Vous avez reçu gratuitement..." Oui bon... de toute façon, il n'y a jamais eu une seule Bible au Vatican.

  • le canard enchaîné le 25.07.2021 19:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    l'empire mondial de la fausse religion Babylone la grande