Inondations en Belgique

03 septembre 2021 19:34; Act: 03.09.2021 19:50 Print

Une autoroute transformée en décharge géante

À la mi-juillet, des inondations avaient ravagé une partie de la Belgique, faisant 38 morts. Sept semaines plus tard, les déchets sont entassés sur… une autoroute.

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Jouets d’enfants, livres et matelas salis par la boue, armoires ou réfrigérateurs en morceaux: 90 000 tonnes de déchets résultant des inondations meurtrières de juillet s’entassent sur une bretelle d’autoroute désaffectée, dans l’est de la Belgique. C’est une image qui a fait le tour du pays, montrant de façon spectaculaire les ravages matériels des crues exceptionnelles qui ont causé la mort de 38 personnes, les 14 et 15 juillet, selon le bilan officiel.

À Herstal, dans l’agglomération de Liège, secteur parmi les plus touchés par ces inondations, une ancienne autoroute traversant une zone boisée accueille, sur huit kilomètres, une montagne de détritus haute de six mètres. Un magma informe d’objets amenés, depuis six semaines, par camions entiers après le nettoyage des abords des cours d’eau, des rives de la Meuse à la vallée de la Vesdre, un des affluents de ce fleuve.

Transfert progressif

Tout un tas de «morceaux de vies» accumulés qui représente aussi un défi de gestion publique pour les élus et les entreprises de traitement des déchets. Au total, 160 000 tonnes de détritus ont été produites par les inondations uniquement en Wallonie, d’après les autorités de cette région francophone. Ce seul bout d’autoroute en concentre plus de la moitié.

Le transfert a été progressif, explique Luc Joine, directeur général d’Intradel, principale société de traitement des déchets dans la province de Liège. «Il y a d’abord eu du stockage temporaire, dans les communes touchées, et, à partir du moment où on était certains qu’il n’y avait plus de cadavre, que tous les disparus avaient été retrouvés, on a pu tout rassembler», dit-il.

Peu de nuisances pour les voisins

L’objectif est de parvenir à recycler 60% de ces déchets, le reste étant destiné à l’incinération ou à l’enfouissement, en faisant appel à d’autres entreprises. Vu l’ampleur de la tâche, il faudra vraisemblablement neuf mois pour tout évacuer, un calendrier sur lequel les élus locaux, soucieux de limiter les nuisances pour les riverains, veilleront de près.

Luc Joine assure qu’il n’y a aucune habitation à moins de 500 mètres, qu’il y a peu de nuisances olfactives et qu’une société de dératisation est déjà intervenue sur place.

Sols pas pollués

Sur le plan environnemental, le choix d’un stockage des déchets sur l’ancien axe de circulation est «une bonne idée», vante aussi le responsable. «Les déchets étant potentiellement contaminés par des hydrocarbures, il fallait trouver un site permettant d’éviter une pollution des sols. Or cette autoroute est asphaltée, les eaux sont récoltées quand il pleut, c’est tout à fait adapté», souligne-t-il.

Le coût du traitement des déchets sur les trois sites réquisitionnés en Wallonie a été estimé à 30 millions d’euros, selon la ministre régionale de l’Environnement, Céline Tellier.

(L'essentiel/AFP)