Violences en Catalogne

17 octobre 2019 11:37; Act: 17.10.2019 12:20 Print

Une fourgonnette de la police fonce sur la foule

Manifestants et forces de l'ordre se sont violemment affrontés pour une troisième soirée consécutive, mercredi soir, en Catalogne.

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Des militants indépendantistes ont affronté la police pour la troisième nuit consécutive en Catalogne, une escalade dénoncée jeudi, par les autorités séparatistes de cette région autonome, tandis que le gouvernement espagnol se tient prêt à intervenir.

Après une marche pacifique de milliers de manifestants à Barcelone, des centaines de jeunes militants en vêtements sombres, masqués et portant des casques de moto, ont dressé et mis le feu à des barricades, incendié des voitures et lancé des pierres et des bouteilles sur la police antiémeutes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cocktails molotov

Pour la première fois, les Mossos d'esquadra, la police régionale a signalé des jets de cocktails molotov et d'acide. Des manifestants ont même tenté sans succès de tirer des feux d'artifice contre un hélicoptère de la police. Devant une barricade en feu, de jeunes manifestants masqués criaient: «Ce n'est pas de la violence, c'est de l'autodéfense».

Les affrontements se sont étendus à d'autres villes comme Tarragone et Leida. Les manifestations durent depuis la condamnation lundi par la Cour suprême de neuf dirigeants indépendantistes à de longues peines de prison pour leur implication dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

A Tarragone, les manifestants ont dressé des barricades sur une des artères principales de cette ville située au sud de Barcelone. Une fourgonnette des Mossos a été vue en train de foncer sur la foule (voir vidéo ci-dessus). Selon les médias locaux, un jeune homme de 17 ans a été hospitalisé pour une blessure à la tête. Un second manifestant a été touché par un contenur percuté par la camionnette de police.

Une cinquantaine de personnes ont dû recevoir des soins dont 32 rien qu'à Barcelone, ont annoncé les services de secours, après les 125 blessés de la nuit de mardi à mercredi. «Au moins 20 personnes ont été interpellées» dans toute la région, après les 51 de la veille, ont annoncé les Mossos.

Peu après minuit, le président catalan Quim Torra est intervenu à la télévision pour condamner ces violences, qu'il a attribuées à «un groupe d'infiltrés et de provocateurs». «Nous ne pouvons pas permettre les incidents que nous voyons dans les rues... cela doit s'arrêter immédiatement», a-t-il déclaré, quelques heures après que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lui avait demandé de «condamner clairement et sans l'excuser le recours à la violence». Mais «il est normal et il est bon que nous protestions contre une sentence injuste et aberrante», a ajouté Quim Torra.

Mardi plusieurs villes de la région avaient été le théâtre de scènes de guérilla urbaine entre policiers et manifestants et lundi des milliers de militants avaient tenté de paralyser l'aéroport de Barcelone, se heurtant aux brigades antiémeutes qui tiraient des balles de mousse et de caoutchouc.

La sentence de la Cour suprême a déclenché une vague de protestation bien organisée et mercredi matin, des longues colonnes de manifestants se sont mis en marche depuis cinq villes de cette riche région du nord-est de l'Espagne. Elles doivent converger à Barcelone, vendredi, jour de «grève générale» et de manifestation massive.

(L'essentiel/afp)