Sur le marché européen

28 mai 2013 11:45; Act: 28.05.2013 12:36 Print

Une nouvelle drogue apparaît chaque semaine

L'usage de drogues illicites reste «historiquement élevé» en Europe et les produits de synthèse sont toujours plus nombreux, selon l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

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Le cannabis reste la drogue la plus consommée d'Europe. (photo: AFP)

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Même si la consommation de cocaïne et de cannabis marque des signes d'érosion, tout comme le nombre de nouveaux usagers d'héroïne et de recours à l'injection, l'observatoire, basé à Lisbonne qui publie son rapport annuel ce mardi, souligne que 85 millions d'adultes européens ont consommé une drogue illicite au cours de leur vie. Il remarque notamment que le marché de la drogue, «en pleine mutation», est «plus fluide et dynamique».

«Malgré des signes d'une tendance à la baisse» dans certains pays, la consommation de cannabis reste la drogue la plus consommée d'Europe, avec «un marché étendu et relativement solide», où l'herbe de cannabis devient de plus en plus présente face à la résine importée majoritairement du Maroc. Presque tous les pays européens signalent désormais une culture locale du produit (à usage personnel ou dans des fermes contrôlées par des mafias).

Autre mutation, l'apparition récente d'une «grande diversité» de produits de synthèse «analogues au cannabis», «qui peuvent «être extrêmement puissants» et que l'on retrouve «dans presque tous les pays européens». L'observatoire fait part de ses «inquiétudes» concernant les quelque 3 millions d'Européens qui consomment du cannabis quotidiennement, et souligne que le nombre d'usagers entamant un traitement pour la première fois pour des problèmes en lien avec le cannabis a augmenté d'environ un tiers entre 2006 et 2011.

De nouvelles substances

Au total en Europe, 73 nouvelles substances psychoactives de synthèse, vendues souvent sur Internet, ont été détectées en 2012 par le système d'alerte précoce européen (EWS). Il en avait identifiées 49 en 2011. Parmi ces nouvelles drogues, 19 étaient des produits chimiques «peu connus ou plus obscurs», et 14 étaient de nouveaux stimulants de synthèse, comme les amphétamines et l'ecstasy, qui concurrencent «dans une certaine mesure la cocaïne». En 2013, le système d’alerte précoce de l’UE continue à recevoir des notifications concernant l'apparition d’environ une nouvelle substance chaque semaine.

Si la consommation d'héroïne continue de baisser dans la plupart des pays européens, tout comme les pratiques d'injection, l'Observatoire de Lisbonne déplore, comme l'an dernier, de «nouveaux foyers d'infections par le VIH en Grèce et en Roumanie» et appelle à fournir «des services appropriés en matière de réduction des risques» (traitement de substitution, échange de seringues, etc.).

Plus de 6 000 décès par surdoses

«La mise en place de traitements pour les usagers de drogues est vraisemblablement une solution politique rentable, même en période d'austérité économique», insiste l'OEDT, qui salue le «niveau record» (1,2 million) d'Européens ayant bénéficié d'un traitement en 2011. Le rapport note aussi qu'une «épidémie cachée» d'hépatite C, transmise elle aussi par l'échange de seringues, n'est pas suffisamment prise en compte.

Enfin, si l'usage et les saisies de cocaïne sont en baisse dans plusieurs pays européens, «le signalement de problèmes aigus et chroniques liés à l'usage de cocaïne se poursuit», note l'observatoire, qui a comptabilisé au moins 475 décès liés à cette drogue en 2011, un chiffre qui «pourrait être sous-estimé». Plus largement, 6 500 décès par surdoses ont été déclarés en 2011 (contre 7 000 cas en 2010 et 7 700 en 2009) la majorité pour des consommations d'opiacés, souvent en combinaison avec d'autres substances (alcool).

(L'essentiel Online/AFP)