Aux Pays-Bas

04 juillet 2020 21:49; Act: 05.07.2020 13:47 Print

Votre sexe sur la carte d'identité? «Inutile»

Les organisations de défense des droits des homosexuels et autres minorités sexuelles ont réagi avec enthousiasme à la proposition d’une ministre de ne plus faire inscrire le sexe des citoyens sur leur carte d’identité.

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La carte d’identité néerlandaise serait dénuée de référence au sexe des citoyens, mais pas le passeport, qui répond à des règles de l’UE. (photo: DR)

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Le sexe des citoyens néerlandais ne sera plus mentionné sur leur carte d'identité d'ici à quelques années, une inscription jugée «inutile» par la ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Science Ingrid van Engelshoven. Dans une lettre au Parlement que l'AFP a pu consulter samedi, la ministre, également chargée de l'Emancipation, a fait part de son intention de supprimer l'inscription du sexe sur les cartes d'identité «à partir de 2024/2025».

Ingrid van Engelshoven souhaite «limiter dans la mesure du possible la mention inutile du sexe», qui restera cependant mentionné sur les passeports, rendu obligatoire par l'Union européenne.

«Les Pays-Bas ne seraient pas le premier État membre à posséder une carte d'identité sans mention de genre. La carte d'identité allemande ne mentionne pas de sexe», écrit la ministre. Ingrid Van Engelshoven estime que les citoyens doivent pouvoir «façonner leur propre identité et la vivre en toute liberté et sécurité».

Reconnaissance du 3e sexe

«C'est une excellente nouvelle pour les personnes qui éprouvent jour après jour des problèmes avec cette catégorie de genre sur leur carte d'identité», ont déclaré des organisations néerlandaises de défense des droits des homosexuels et autres minorités sexuelles. «Et c'est une bonne nouvelle pour quiconque pense que ce que cachent nos sous-vêtements ne concerne ni le gouvernement, ni les autorités», ont-ils ajouté dans un communiqué.

Les Pays-Bas ont par ailleurs fait un pas vers la reconnaissance d'un troisième sexe en 2018, lorsqu'un citoyen né intersexué avait obtenu de la justice le droit de ne pas avoir à s'inscrire comme un homme ou une femme sur son acte de naissance.

(L'essentiel/AFP)