Jeroen Dijsselbloem

22 janvier 2013 14:05; Act: 22.01.2013 15:55 Print

Vous saurez tout sur le nouveau Monsieur Euro...

Comme prévu, le ministre néerlandais des Finances a succédé à Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe. Décrit comme «un fin stratège un rien guindé», retour sur sa courte carrière.

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Inconnu du grand public, Jeroen Dijsselbloem a été désigné lundi soir président de l'Eurogroupe à l'unanimité moins l'Espagne, qui s'est abstenue. Il est décrit comme un médiateur d'exception et un fin stratège, atouts de taille pour coordonner la politique économique d'une zone euro en crise. Jeroen Dijsselbloem (prononcer: Yé-roun deille-seul-bloum), 46 ans, n'a que 11 semaines d'expérience en tant que ministre, après des années de seconds rôles.

Il était relativement inconnu, même dans son propre pays, au moment de prendre le portefeuille des Finances. «Stratège époustouflant», selon le quotidien économique Financieel Dagblad, «un brin guindé et loyal comme un chien guide d'aveugle», selon le quotidien de centre gauche De Volkskrant, M. Dijsselbloem, la chevelure brune bouclée surmontant un large front et un visage souvent un peu pincé, est «un homme aimable derrière un masque rigide», selon le quotidien protestant Trouw.

Il semble «ennuyeux et austère»

Sa personnalité réservée l'a longtemps tenu à l'écart des médias. Selon Trouw, «il ne cherchait pas les caméras et les caméras ne le cherchaient pas, il semble ennuyeux et austère». «C'est un homme très sympathique dans le privé», assure pourtant Staf Depla, qui a été avec M. Dijsselbloem et l'actuel chef de file travailliste, Diederik Samsom, un des «Ingénieurs rouges».

Ces trois travaillistes avaient pris ce nom lors d'une campagne électorale pour les élections législatives de 2003 en référence à leurs études scientifiques. Ils avaient sillonné les Pays-Bas vêtus de combinaisons rouges, plaidant notamment pour que les immigrés musulmans suivent des cours sur la société néerlandaise afin de mieux s'y intégrer.

Devenu ministre par surprise

Jeroen Dijsselbloem, qui a étudié l'économie agricole à l'université de Wageningen, dans l'est des Pays-Bas, et effectué une recherche pour un doctorat en économie d'entreprise en Irlande, était considéré comme le stratège du groupe. Pendant de nombreuses années, il continuera à asseoir cette réputation au sein de son parti, en restant dans l'ombre. Il s'occupera des dossiers liés à l'enseignement, aux soins de santé, aux politiques d'asile et à la jeunesse.

M. Dijsselbloem, un travailliste qui défend l'équilibre budgétaire et les mesures d'austérité, s'est dégagé comme candidat par défaut. Il est, de plus, issu d'un des pays fondateurs de l'Union européenne et dont la dette dispose encore de la note AAA. «Dijsselbloem est une page blanche et qu'il devienne ministre des Finances était une surprise parce qu'il n'a jamais eu un profil lié aux finances en tant que politicien», a déclaré Bas Jacobs, économiste à l'université de Rotterdam.

Il se décrit comme un «père Noël à l'envers»

Né à Eindhoven (sud-est) de parents enseignants, Jeroen Dijsselbloem a grandi dans une famille apolitique et catholique. Son amour de la chose publique surgit vers 15 ans après sa participation, malgré l'interdiction de ses parents, à une manifestation contre l'installation de missiles de la guerre froide aux Pays-Bas en 1983. Il a été surnommé «chevalier de la morale» après avoir plaidé au Parlement pour des clips moins violents à la télévision.

Cet admirateur du trompettiste Miles Davis et amateur des Monty Python est reconnu comme un bon dirigeant et un médiateur d'exception, un diplomate qui laisse «parler les gens et sait les écouter», selon un ancien membre d'une commission parlementaire qu'il a dirigée. Père de deux adolescents, une fille et un garçon, il se décrit comme un «père Noël à l'envers»: en tant que ministre des Finances, il doit «'s'assurer qu'aucun cadeau ne soit distribué et que chacun paie son dû en temps et en heure», avait-il affirmé dans un entretien publié par De Volkskrant.

(L'essentiel Online/AFP)