France

12 septembre 2017 07:37; Act: 12.09.2017 10:48 Print

Première épreuve de la rue pour Macron

Des syndicats français appellent à des grèves et manifestations, mardi, contre la réforme par ordonnances du code du travail.

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Le président Macron a eu un avant-goût de ce qui l'attend, mardi, lors d'un déplacement à Toulouse, où il a été accueilli par des manifestants. (photo: AFP/Éric Cabanis)

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Emmanuel Macron affronte mardi sa première grande journée de contestation du quinquennat, avec des grèves et de manifestations contre l'assouplissement du code du travail, une réforme sur laquelle le nouveau président français n'entend rien céder.

Ce premier test social intervient dans un climat tendu, alimenté par la sortie d'Emmanuel Macron évoquant, vendredi, en marge d'une visite à Athènes, les «fainéants» qui s'opposent à sa politique de réformes.

Une déclaration «scandaleuse», a fulminé Philippe Martinez, le numéro un du syndicat CGT, qui mène la fronde dans un paysage syndical profondément divisé. M. Martinez a promis «plus de 180 lieux de manifestations» pour dénoncer un texte qui, selon lui, «donne les pleins pouvoirs aux employeurs». En parallèle, des grèves sont attendues dans les transports aériens et ferroviaires. Ryanair a ainsi annoncé l'annulation de 110 vols.

Des syndicats étudiants et lycéens et les mouvements de jeunesse de plusieurs partis de gauche ont appelé lundi à se joindre aux manifestations contre «une régression sociale historique». Considéré comme le principal opposant au président selon un récent sondage, le héraut de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, battra lui aussi le pavé contre ce qu'il qualifie de «coup d'état social».

Plus de flexibilité

Mais les deux autres principaux syndicats, FO et la CFDT, bien que critiques envers la réforme, n'ont pas appelé à manifester. Ce qui interroge sur l'ampleur de la mobilisation contre un président qui a certes chuté dans les sondages mais fait face à une opposition éparpillée. «Une mobilisation sociale est toujours imprévisible» mais elle semble affaiblie par le manque d'alternative politique, estime Jean-Daniel Levy, analyste de l'institut de sondages Harris Interactive.

Premier gros chantier du quinquennat, la réforme prévoit un plafonnement des indemnités en cas de contentieux, la réduction des délais de recours des salariés ou encore la possibilité de négocier sans syndicat en dessous de 50 salariés, des mesures qui font la part belle aux petites et moyennes entreprises qui représentent près de la moitié des salariés en France.

L'objectif affiché par le président Macron est de donner plus de flexibilité aux entreprises et de les encourager à embaucher alors que le chômage reste massif. Il touche 9,5% de la population active, contre une moyenne de 7,8% en Europe. Il s'agit également aussi de regagner la confiance de l'Allemagne, qui réclame depuis longtemps des réformes structurelles à Paris.

«Le président des banques»

Emmanuel Macron, qui pour imposer ces changements a opté pour la procédure accélérée des ordonnances, n'a aucune intention de céder. Vendredi, quelques semaines après avoir regretté que les «Français détestent les réformes», le chef de l'État a averti qu'il «serait d'une détermination absolue» et ne «cèderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes».

Une déclaration choc, «totalement» assumée par l'intéressé, qui a fait bondir ses opposants politiques, de Jean-Luc Mélenchon («Macron n'aime pas les Français») à Marine Le Pen («les déclarations d'amour de Macron aux Français se multiplient»). Et qui risque de galvaniser les manifestants.

Emmanuel Macron «jette de l'huile sur le feu. Avec la déclaration sur les fainéants, tous les ingrédients sont réunis pour que ça chauffe», prévient Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof.

(L'essentiel/nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Samuel le 12.09.2017 08:32 Report dénoncer ce commentaire

    Hollande n'était déjà pas très populaire mais alors celui là ça va être quelque chose.

  • Veritas in Vinasse le 13.09.2017 01:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils ont le président qu'ils ont choisi, ils l'ont voulu, ils l'ont eu , qu'ils fassent avec maintenant...

  • petitevoix le 12.09.2017 10:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pour un mot ils font une rebelión M Mélanchon c est un agitateur heureusement n a pas gagné les élections Au fond le Président a raison Allez y voir combien de gens jeunes ne travaillent pas et le pire n essaye pas de travailler et combien gens préfèrent vivre avec RSA soit disant est plus intéressant que le smic

Les derniers commentaires

  • Veritas in Vinasse le 13.09.2017 01:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils ont le président qu'ils ont choisi, ils l'ont voulu, ils l'ont eu , qu'ils fassent avec maintenant...

  • Lux le 12.09.2017 18:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo Stef, sincèrement bravo . Le président vient avec la volonté d'aider le Peuple Français à reconstruire une France avec un grand "F"

  • Antineoliberalisme le 12.09.2017 14:56 Report dénoncer ce commentaire

    Quand est-ce que les politiciens en Europe comprennent enfin que le capitalisme est voué à l'échec comme le communisme l'a été? On tente par tous les moyens de sauver ce système mais cela ne va que creuser l'écart entre pauvres et riches et contribuer à la disparition de la classe moyenne...

    • aussi une vérité le 12.09.2017 16:36 Report dénoncer ce commentaire

      oui, mais la CGT se bat pour garder l'aire du post-communisme

  • petitevoix le 12.09.2017 10:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pour un mot ils font une rebelión M Mélanchon c est un agitateur heureusement n a pas gagné les élections Au fond le Président a raison Allez y voir combien de gens jeunes ne travaillent pas et le pire n essaye pas de travailler et combien gens préfèrent vivre avec RSA soit disant est plus intéressant que le smic

    • @petitevoix le 12.09.2017 14:52 Report dénoncer ce commentaire

      ben non la solution n'est pas de leur offrir des emplois précaires et sous-payés, cela ne va creuser que d'avantage l'écart entre riches et pauvres et contribuer à des pensions médiocres.

  • frenchie le 12.09.2017 10:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il a ete elu par une minoritè de gens et grace aux abstentionnistes....a bonne entendeur

    • Luxo le 12.09.2017 14:48 Report dénoncer ce commentaire

      ben à qui la faute?