Nucléaire en France

25 février 2021 10:47; Act: 25.02.2021 11:38 Print

Les plus vieux réacteurs prolongés de 10 ans

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ouvert la voie, ce jeudi, à la poursuite de la vie des plus vieux réacteurs en France de 40 à 50 ans.

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Les vieilles centrales nucléaires françaises pourront continuer d’être exploitées. (photo: Pixabay (image d’illustration))

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La France tire aujourd’hui près de 70% de son électricité du nucléaire, un record mondial. Elle veut ramener cette part à 50% en 2035 pour faire plus de place aux énergies renouvelables mais hésite aussi à relancer un nouveau programme de construction de réacteurs.

Le gendarme du nucléaire a publié une décision, qui était attendue, portant sur les 32 réacteurs de 900 MW, les plus anciens du parc français, mis en service pour l’essentiel dans les années 1980. L’ASN a fixé dans ce texte les conditions pour qu’ils puissent fonctionner au-delà de leur quatrième «réexamen périodique», qui a lieu tous les dix ans, soit jusqu’à la fin des années 2020 ou 2030, selon la date de mise en service.

«Fusion du cœur du réacteur»

«L’ASN considère que l’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu’elle prescrit ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique», indique-t-elle. «L’ASN prescrit la réalisation des améliorations majeures de la sûreté prévues par EDF, ainsi que des dispositions supplémentaires qu’elle considère comme nécessaires», précise-t-elle. EDF devra ainsi réaliser une série de tests et de travaux pour améliorer la sûreté de ses réacteurs.

«Un premier objectif est de réduire les conséquences des accidents et notamment des accidents graves, avec une fusion du cœur du réacteur», a expliqué à l’AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN. Des amélioration sont notamment prévues pour que la radioactivité reste confinée à l’intérieur de l’enceinte en cas d’accident.

«Le deuxième grand volet porte sur le renforcement aux agressions qui peuvent survenir sur ces installations», a-t-il poursuivi. Sont visées les agressions externes (séisme, inondation, chaleur extrême...) et interne (incendie...). Enfin, un dernier volet porte sur «le renforcement au niveau de la piscine d’entreposage des combustibles usés», a indiqué Julien Collet.

«Points de faiblesse»

Ce passage marque une étape significative pour les réacteurs français. Ils avaient été autorisés à l’origine sans limitation de durée de fonctionnement mais EDF avait initialement envisagé une durée de vie de 40 ans. Les centrales concernées sont les plus anciennes: Bugey (Ain), Blayais (Gironde), Chinon (Indre-et-Loire), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Tricastin (Drôme). Cattenom, aux portes du Luxembourg, n'en fait donc pas partie.

Certains réacteurs, mis en service au tournant des années 1980, ont dans les faits déjà passé le cap des 40 ans. La décision annoncée jeudi concerne l’ensemble des réacteurs de 900 MW, qui feront aussi l’objet de préconisations individuelles. La mise en œuvre des améliorations prévues va maintenant s’étaler sur des années.

(L'essentiel/AFP)